mercredi 12 octobre 2011

Steve Jobs, Richard Stallman et nous...

Je copie/colle une discussion qui me paraît avoir du sens et mérite d'être ressortie du trou noir qu'est facebook. Elle met au prise quatre participants dont j'ai juste mis les initiales : GG (moi), MB, HC, MH (plus Sarah en guest). Elle débute sur le partage de cet article de 01net : Richard Stallman se dit « content que Steve Jobs soit parti », qui renvoie lui-même à un billet sur le blog de Richard Stallmann, une icône du monde du logiciel libre, dont les phrases choc peuvent être traduites ainsi :

Steve Jobs, le pionnier de l’ordinateur conçu comme une prison cool, mise au point pour supprimer leur liberté aux idiots, est mort. (...)

Je ne suis pas content qu’il soit mort, mais je suis content qu’il soit parti.

Là-dessus s'engage une discussion animée que voici :

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vendredi 8 juillet 2011

Sept députés...

Fingerprints

Hier après-midi, il y avait onze (onze !!) députés à l'Assemblée nationale (ils sont 577 en vrai hein). C'est con parce qu'une proposition de loi un tout petit peu critique était votée par sept des présents à propos de la nouvelle carte d'identité française biométrique.

Pas beaucoup d'information dans les médias ce matin, sinon sur des sites techniques, comme PC Inpact, zdnet ou le blog de Paul da Silva. C'est con parce que les termes de la-dite proposition de loi sont un rien inquiétants.

Bref, qu'ont donc voté nos chers députés (le texte doit encore passer en commission paritaire) ?

La nouvelle carte d'identité contiendra deux puces, l'une avec les données biométriques - photo, empreintes, taille, etc. -, l'autre permettant de s'identifier sur Internet (!). Ces infos seront centralisées dans une base de données (qui contiendra donc à terme les 45 millions de Français âgés de plus de 15 ans...), accessible notamment à la police (ça c'est un ajout des députés par rapport au texte initial voté par les sénateurs). Qui pourra par exemple bientôt reconnaître à la volée tous les Français visibles sur une vidéo (par exemple dans une manif)... tout simplement. On se plaignait de la multiplication des fichiers policiers depuis l'arrivée de Nicolas Sarkozy au pouvoir : au moins là on est tranquille, y'en aura qu'un seul avec tout le monde dedans.

La loi a été portée par un sénateur, ce qui a permis au texte d'éviter de passer par l'étude d'impact et l'avis de la CNIL (informatique et liberté) avant le vote... Pourtant, il serait peut-être intéressant de se poser la question du risque porté par la centralisation dans un seul fichier informatique des empreintes biométriques de tous les Français, quand on sait la capacité des hackers de s'infiltrer dans n'importe quel système, quelque soit sa sécurisation (voir l'exemple récent de Stuxnet, qui a détruit une partie des installations nucléaires iraniennes).

Bien sûr, la loi est soutenue par le ministre de l'intérieur Claude Géant, qui parle de modernité positive et de simplifier la vie des Français. En gros, faire de la France une espèce de facebook grandeur nature. Certains doivent trouver ça très bien, mais en tout cas on pourra pas dire qu'on ne savait pas. En espérant que le Conseil d’État fasse son boulot après le vote de la loi...

samedi 1 janvier 2011

LOPPSI 2 et censure de l'Internet

Il y a quelques jours, l'Assemblée nationale a voté la loi d'orientation et de programmation pour la performance de la sécurité intérieure, plus connue comme la LOPPSI 2.

Je passe sur l'opportunité d'une enième loi de sécurité visant à restreindre les libertés individuelles, faciliter les expulsions, développer la vidéosurveillance, etc. Je zoome sur un point particulier et particulièrement inique : la mise en place d'une censure officialisée d'Internet (ou la fin de la neutralité d'Internet en France, cf à ce sujet mon billet sur le site de ma boîte).

Vous allez me dire, j'exagère. Et bien même pas : l'article 4 de la loi autorise le blocage de sites web sur le web français, sur décision administrative (loin d'un quelconque juge indépendant...), sans communication au public (la liste des sites bloqués est cachée jusqu'à l'évaluation de la loi, prévue dans les deux ans) et sans procédure de recours.

On imagine que pour faire voter une telle loi, l'argumentation a du être solide. Et bien toujours pas, la seule raison donnée étant la protection de nos enfants des sites pédopornographiques. Comme tous ceux qui utilisent régulièrement Internet (j'en suis à plusieurs dizaines de milliers d'heures de surf dans ma vie), je n'ai JAMAIS été approché par un site pédopornographique, la menace n'existe tout simplement pas. Pourquoi ? Parce que les adeptes de la pédopornographie n'utilisent pratiquement pas des sites Internet, et qu'ils ne sont de toute façon pas accessibles aussi simplement...

Affirmer lutter contre ce fléau en filtrant les sites web, c'est comme dire qu'on soigne une fièvre en cassant le thermomètre. Les politiques qui ont voté cet article ne chassent pas les adultes coupables de ce délit (qui ne vont que multiplier leurs précautions d'échange...), et ne protègent pas leurs victimes. En fait, ils mentent. Tâchons de nous en souvenir en mai 2012. Et bonne année 2011 !

Un peu de lecture à ce sujet :