lundi 20 avril 2009

Communiqué de presse du mouvement de défense de l'hôpital public... à l'attaque !

Devant le refus du gouvernement d’accepter tout amendement à la loi HPST, dite loi Bachelot, la communauté médicale de l’AP-HP, réunie en assemblée générale le 8 avril 2009, a décidé d’appeler à l’action l’ensemble des médecins des hôpitaux.

À partir d’aujourd’hui, nous arrêtons toute participation aux activités de gestion hospitalière (Comités exécutifs locaux, Comités consultatifs médicaux, Commission médicale d’établissement, réunion de pôles, préparation du plan stratégique, etc.).

Nous informons le gouvernement et les sénateurs qui vont discuter et voter la loi que si elle n’est pas amendée, elle s’appliquera sans nous.

En accord avec l’ensemble des syndicats médicaux et de personnels de l’AP-HP, nous appelons à une journée de grève le 28 avril avec manifestation de tous les personnels de l’hôpital, praticiens, internes, chefs de clinique-assistants, infirmières, aides-soignants, paramédicaux, administratifs, techniques et ouvriers.'

Nous sommes d’accord pour agir avec l’ensemble des organisations syndicales contre la suppression des emplois pour de simples raisons de rentabilité financière, et contre une vision purement comptable de l’hôpital. Nous sommes pour une gestion rigoureuse des deniers de la collectivité, au service de l’égalité d’accès à des soins de qualité.

Nous demandons la convocation d’états généraux pour une vraie réforme de l’hôpital et du système de santé.

Nous appelons l’ensemble des communautés médicales de la région parisienne et de province à nous rejoindre pour créer un mouvement national de défense de l’hôpital public.

Nous appelons les usagers, les associations de patients et la population à se joindre à nous.

25 professeurs signent un appel contre le projet Bachelot pour l'hôpital public

Le Nouvel Observateur publie cette semaine un texte signé par 25 grands professeurs des hôpitaux publics dénonçant le projet de réforme de Roselyne Bachelot, dont "le maître-mot", selon eux, "n’est plus la santé mais la rentabilité".

NB : Le nombre de personnes soutenant l'"appel des 25" continue de grandir. Dimanche 19 avril dans la matinée, 10.000 personnes avaient apporté leur soutien au texte, signé par des personnalités des hôpitaux parisiens, dénonçant la réforme de l'hôpital voulue par la ministre de la Santé Roselyne Bachelot.

En 1958, la grande réforme menée par le Professeur Robert Debré allait permettre à la médecine française de devenir en 30 ans "la meilleure du monde". Cinquante ans plus tard, le Parlement va-t-il voter la loi "Bachelot" qui porte en elle la disparition de cette médecine hospitalière au profit d’une médecine mercantile ? Le maître-mot n’est plus la santé mais la rentabilité. La préoccupation centrale n’est plus le malade mais le compte d’exploitation de l’hôpital. Et les premières victimes en seront les patients et les soignants. Cette loi cale l’hôpital sur l’entreprise. Elle donne tous les pouvoirs au Directeur de l’Hôpital, nommé et révoqué par le Directeur de l’Agence Régionale de Santé, lui-même nommé et révoqué par le Conseil des Ministres. Ce directeur pourra n’avoir aucune compétence médicale ou en santé.C’est pourtant lui qui arrêtera le projet médical de l’hôpital. Lui aussi qui nommera et révoquera les médecins responsable des structures de soins (pôles, départements, services…). Sur quels critères ? La tarification des actes est semblable dans les secteurs privé et public – comme si les pathologies et la continuité des soins y étaient comparables ! La pensée marchande dont se prévaut cette loi réduit le qualitatif au quantitatif, le malade au tarif de sa maladie. Dans le même temps on organise des suppressions massives et injustifiées d’emplois d’infirmières et d’aides-soignants. Bien sûr, l’hôpital public doit être réformé. Mais certainement pas de cette manière. Il faut repenser l’organisation hospitalière pour répartir de manière harmonieuse sur le territoire, sans redondance, les stuctures de soins et les spécialités en prenant en compte aussi leur niveau de technicité et l’accueil des urgences ; organiser la continuité des prises en charge au fur et à mesure de l’évolution du type de soins que demandent les malades. Il faut réfléchir aux nouveaux métiers de la médecine ; prendre en compte la nécessaire pluridisciplinarité ; reconnaître et valoriser les actes des infirmières et des personnels paramédicaux (psychologues, diététiciennes, orthophonistes, etc.) ; promouvoir la prévention, le dépistage, l’éducation thérapeutique. Il faut impliquer toutes les unités de soins hospitalières dans des activités de recherche structurées et adosser les orientations cliniques à un projet médical qui ne soit pas fondé sur la rentabilité mais d’abord sur les besoins de la population, l’évolution prévisible des grandes questions de santé publique, l’avancée des connaissances et des progrès technologiques. Il faut un financement, propre à l’hôpital, qui tienne compte de l’innovation, de la lourdeur des pathologies, de la précarité, des handicaps de la vie. A cet effort-là, source de progrès et de solidarité, tous les médecins et personnels hospitaliers sont prêts à souscrire. Mais pas à cette loi destructrice et injuste. Soyons clairs. Si cette loi n’est pas amendée, elle s’appliquera sans nous, médecins et chirurgiens de l’Assistance Publique – Hôpitaux de Paris. Demain, côte à côte, et pour la première fois, infirmières, agents hospitaliers et administratifs, médecins seront dans la rue. Preuve que les mentalités ont changé, que l’union est faite pour que soit supprimé le volet hospitalier de la loi "Bachelot" et pour que s’ouvre enfin un débat à la hauteur de l’enjeu : il est encore temps et il est urgent d’organiser les Etats Généraux de l’hôpital public.

Les 25 signataires

Pr. Basdevant, endocrinologue, Pitié Salpetrière Pr. Bourgeois, rhumatologue, Pitié Salpetrière Pr. Bousser, neurologue, Lariboisière Pr. Brochard, anesthésiste réanimateur, Henri Mondor Pr. Dubourg, cardiologue, Ambroise Paré Pr. Fischer, pédiatre, Necker Enfants Malades Pr. Franco, chirurgien digestif, Antoine Béclère Pr. Frydman, gynécologue obstétricien, Antoine Béclère Pr. Gaudric ophtalmologue, Lariboisière Pr. Gluckman, hématologue, Saint Louis Pr. Godeau, médecin interniste, Henri Mondor Pr. Grimaldi, diabétologue, Pitié Salpetrière Pr. Guillevin, médecin interniste, Cochin Pr. Kieffer, chirurgien vasculaire, Pitié Salpetrière Pr. Kuttenn, gynécologue médicale, Pitié Salpetrière Pr. Lyon-Caen, neurologue, Pitié Salpetrière Pr. Mariette, rhumatologue, Bicêtre Pr. Menasche, chirurgien cardiaque, Georges Pompidou Pr. Musset, radiologue, Antoine Béclère Pr. Niaudet, pédiatre, Necker Enfants Malades Pr. Sahel, ophtalmologue, Hôpital des Quinze-Vingts Pr. Sedel, chirurgien orthopédiste, Lariboisière Pr. Valla, hépatologue, Beaujon Pr. Varet, hématologue, Necker Pr. Vernant, hématologue, Pitié Salpetrière

dimanche 22 mars 2009

Un petit dernier pour la route... (après, Guillaume va me baillonner...)

Certains savent que je suis en ce moment en stage dans un service, où, entre autres, l'on s'occupe d'adolescent(e)s atteints d'anorexie mentale. Loin de moi l'idée que ces patients ne sont que "conditionnés" par leur entourage visuel, il s'agit là d'une maladie psychique et physique bien plus compliquée.

Mais, tout de même, ces ados vivent dans un monde où l'on peut publier des photos telles que celle-ci...

lilo

... mais surtout qui peuvent générer de tels commentaires...

lilo screenshot

... sur un site qui se proclame "un support puissant pour toutes les marques et les annonceurs qui cherchent à communiquer auprès d'une cible de jeunes femmes CSP+ en s'associant à un contenu de qualité utilisant la force de prescription des stars"

Tout est dit...

samedi 6 octobre 2007

Samedi après midi et quelques nouvelles...

Quelques nouvelles de mon côté, c'est Guillaume essentiellement qui se manifeste sur le blog, non sans talent !

il fallait surtout que je parle un peu de la grève des internes, peu médiatisée, et il s'agirait que vous soyez au courant en venant visiter le blog d'une interne !

1. Pourquoi faisons-nous grève ?

Le gouvernement menace de réguler de façon autoritaire notre installation en libéral, en déconventionnant les jeunes médecins ne s’installant pas en zone de pénurie médicale (Projet de Loi de Financement de la Sécurité Sociale, PLFSS, article 32). La déconvention signifie un tarif libre de la consultation et un patient NON remboursé.

Le gouvernement impose ces mesures coercitives sans discussion avec les principaux intéressés (les jeunes médecins), et compte ratifier leur mise en place par des négociations dans lequelles nous n’aurons qu’une voix consultative.

2. Que demandons-nous ?

  1. le retrait des mesures coercitives (déconventionnement) prévues dans le PLFSS.
  2. la mise en place de mesures incitatives efficaces, et leur relais auprès des jeunes professionnels par un portail unique « jeunes installés »
  3. la tenue d’Etats Généraux de la Santé, abordant d’emblée toutes les thématiques connexes (pédagogie, mesures incitatives, aménagement du territoire, voir plus loin), où les jeunes médecins auront une place prépondérante.

Quel est le risque des mesures coercitives ?

Les rares pays ayant tenté l’expérience ont rapidement été confrontés aux effets pervers de ces mesures :

  • Crise des vocations dans les Facultés de Médecine : Qui voudrait s’engager dans 15 ans d’études parmi les plus difficiles dans ces conditions ?
  • Crise des vocations en libéral : Fuite des jeunes professionnels vers d’autres secteurs (hôpital, salariat, industrie) et vers d’autres pays. Par ailleurs, certains jeunes médecins préfèreront ne pas exercer plutôt que remettre en cause sa vie de famille en se pliant aux exigences des caisses d’Assurance Maladie.
  • Déconventionnements massifs : Ces derniers aboutiront à une baisse de l’offre de soins et à un système inégalitaire à l’instar de celui des Etats-Unis.

3. Quelles mesures proposons-nous pour répondre à la crise actuelle ?

Les jeunes médecins travaillent sur la question depuis près de 5 ans. Après la publication de Livres Blancs des Internes et la participation aux rapports de l’ONDPS (Observatoire National de la Démographie des Professions de Santé) (Rapport Berland 2005) et du CNOM (Conseil National de l’Ordre des Médecins) Rapport commission jeunes medecins 2007, nous formulons des propositions claires et réalistes.

Nos propositions ont été présentées depuis plusieurs années aux Ministères mais elles ne sont pas mises en place et appliquées :

  • Réformer la pédagogie. Les étudiants de DCEM doivent découvrir le monde libéral, au travers d’un stage chez le praticien généraliste. Le cadre légal existe depuis... 1997, mais la mise en place des stages est loin d’être acquise !
  • Appliquer les mesures incitatives sur le terrain, et surtout les faire connaître aux jeunes installés dès le début de l’Internat. Un portail unique pour les jeunes installés doit être mis en place rapidement.
  • Quelles mesures incitatives ? Aides financières à l’installation, au regroupement des praticiens en maison médicales, réorganisation de l’accès au soins en zones de sous-densité (transports et relais vers les hôpitaux et plateaux techniques de recours).

Tout ceci ne pourra se faire que par des Etats Généraux de la Santé, avec tous les partenaires concernés (Ministères de la Santé, du Travail, de l’Aménagement du territoire, de l’Education, de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche), et surtout les jeunes médecins.

4. Qui nous soutient dans ce mouvement ?

A l’ISNIH, au SNJMG comme à l’ISNCCA, la mobilisation est majeure est les grévistes se comptent par milliers sur le territoire. Aucune des 26 villes de Faculté n’ignore ce mouvement, et la motivation des jeunes médecins est à son comble. L’ANEMF et l’ISNAR-IMG ont également déposé un préavis de grève. Cette grève intéresse donc l’ensemble des jeunes médecins, de l’étudiant en 1ère année de Médecine jusqu’aux Chefs de Clinique et aux jeunes installés.

Les soutiens affluent en masse :

  • Syndicats de médecins libéraux : MG-France, FMF, UCCMSF, EG CDP 27 sept 07
  • Syndicats de PH : CPH et SNPHAR CDP 25 sept 07
  • Syndicats et associations de spécialités : AGOF, SNCO
  • Hospitalo-universitaires

... et bien d’autres encore !

J'espère que ce sera plus clair ainsi et que vous pourrez faire passer le message... Nous sommes bien sûr disposés à soigner et à être au service de la population, mais pas n'importe comment....

Bien à vous +++

mardi 1 mai 2007

1er mai et farniente...

Bonjour tous,

Nous nous offrons une journée d'inactivité la plus totale à la maison, bien méritée...
Pour moi, demain est le premier jour du nouveau stage à Necker avec un rythme, je pense et je l'espère, beaucoup plus cool.

On se culture aujourd'hui avec le débat Royal/Bayrou qu'on a raté samedi matin (merci dailymotion), parce qu'on était à un big week end scout regroupant tous les scouts du territoire Paris-Est. Très bien, très bonne ambiance, instructif de préparer un repas pour 800 personnes, et deux premières nuits sous la tente ma foi tout à fait honorables.
On en redemande. (Note de Guillaume : je n'en doutais pas !)

Vous bise, à très bientôt, mille excuses pour le manque d'entretien de ce blog... (y a de la poussière dans les coins).

Dimanche prochain, votez et votez bien ! (Note de Guillaume : je n'aime pas spécialement hurler avec les loups, mais je crois qu'on a ici un choix important à faire pour l'avenir de notre pays. Parce que je souhaite vivre dans une société généreuse et tolérante, ouverte, libre et démocratique, je voterai pour Ségolène Royal dimanche. Même si elle n'était pas mon premier choix, ni mon premier vote...)