Toronto #14 bis : addendum

C’était dans l’air quand j’ai publié le billet précédent : j’ai finalement signé mon premier contrat torontois à temps plein !

Je ne crache cependant pas sur ces deux mois de livraison à vélo. Les mercis, les sourires, et -de temps à autres- les pourboires resteront de bons souvenirs. Tout comme la compassion des employés de resto quand il neigeait et/ou faisait -10 dehors, ou encore leur empressement à finir la commande quand j’arrivais en avance, afin que je puisse répartir vite et ne pas perdre trop de temps… Je m’en doutais avant de m’y mettre, mais c’est un métier dur, où il est difficile physiquement de travailler plus de 4h par jour et où le salaire brut peine à dépasser les 20$/h (soit 13€), où la précarité est la loi. Quand Léonor était malade ou mon vélo cassé, je ne pouvais pas travailler et je n’avais pas de salaire, c’est tout.

Bref, quand vous commandez à manger, pensez-y au moment de laisser un pourboire (même symbolique), car c’est uniquement grâce à ça que les livreurs gagnent un peu plus que le salaire horaire minimum !

Et maintenant donc ? Je travaille pour le Snakes & Lattes, une chaîne de cafés-jeux de société.

Pour les curieux j’ai trouvé cette vidéo de présentation, en français. Je passe les détails mais merci le réseau des Français, grâce auquel j’ai pu trouver ce boulot. Je rejoins l’équipe de distribution / expédition (vente en ligne et autres…), mon lieu de travail sera donc l’entrepôt. Autant dire que ça va me changer, une nouvelle fois.

Par ailleurs, je viens de trouver un bouquin à la biblio qui semble traiter avec une certaine pertinence des problèmes que j’ai rencontré pour trouver un boulot : What Color is your Parachute? En gros, pour ce que j’en ai lu jusqu’à maintenant, ça dit qu’il faut arrêter avec les CV en réponse à des offres d’emploi, ça ne marche (pratiquement) plus de ce côté-ci du monde, et ce depuis dix ans ! Voilà, comme ça vous savez aussi.

Toronto #14: où il est question de ranger sa fierté au fond de sa poche

Assez bavardé, cette fois on va parler d’un sujet sérieux (ooouuuhhh).

J’avais la chance en France d’être serein concernant le boulot : homme, blanc (faut dire ce qui est), parisien, pas encore trop vieux, avec un diplôme reconnu et ce qu’il faut d’expérience – et quelques compétences, paraît-il, dans ce qu’on appelle les systèmes d’information… Le portrait robot du type qui doit pouvoir se trouver un boulot confortable en quelques jours, s’il n’est pas trop difficile.

Et puis, et puis nous sommes venus ici, à l’étranger, et il m’a fallu chercher un boulot. Sans réseau, expérience ni diplôme canadien… Ou comment passer de l’autre côté du miroir. Un recruteur français de Toronto m’avait prévenu l’hiver dernier : « attention les Français peuvent mettre six mois à trouver un boulot, même quand ils ont une bonne expérience en France. Il va te falloir rencontrer du monde ». Boarf.

La première étape en arrivant, faire son CV. Ici on dit resume. Traduire un CV n’est pas évident : la mise en forme du document et les attendus sont différents, et le vocabulaire et les expressions professionnelles sont parfois très particuliers. Mon métier en France c’est l’« assistance à maîtrise d’ouvrage en systèmes d’information » (si si – ici on dit IT Business Analyst, ou encore Business Systems Analyst). Déjà à expliquer à des Français c’est tout un art, alors le faire dans une autre langue… 😑

Mais, surtout, ce que j’ai compris un peu tardivement, c’est l’automatisation de la sélection. Pour chaque offre de cadre publiée par une grande boîte, les centaines de candidatures sont classés par un ordinateur, en fonction, pour l’essentiel, d’un certain nombre de mots clés attendus. En pratique, si on n’a pas pris de temps d’identifier les mots attendus et de les intégrer dans son résumé avant de l’envoyer -> poubelle. Comme probablement 90% de mes candidatures de l’automne dernier. C’est arrivé à un tel point qu’il m’a été conseillé de me payer un abonnement sur jobscan.co (60$/mois!), qui te donne à la volée le pourcentage de correspondance entre ton résumé et telle offre, et te liste les mots à y rajouter… La ligne entre l’enrobage et le pipeau est parfois un peu ténue.

Deuxième difficulté : la cover letter, comme on appelle ici les lettres de motivation. Je n’étais jamais très à l’aise avec cet exercice de style en France, c’est pire ici. Elle n’est pourtant pas toujours requise, mais on se dit que sans lettre, on va forcément louper le job auquel 200 personnes ont candidaté…. Et surtout, les Canadiens ont une capacité beaucoup plus naturelle que nous à se (sur)vendre : « c’est pourquoi je suis vraiment le candidat parfait et idéal etc. ». Il ne faut pas mentir mais, en même temps, faire profil bas c’est inquiéter le lecteur. Il y a la une vraie différence culturelle, que Sarah a du intégrer fissa dans l’écriture de ses papiers.

Troisième difficulté : n’avoir ni réseau ni première expérience canadienne. Et ça, c’est vraiment compliqué à surmonter. Tous les immigrants expérimentés y sont confrontés. Une bonne partie (la majorité ?) des offres n’est en fait même pas publiée, les employeurs faisant d’abord appel à leurs réseaux de connaissances. On m’a expliqué d’ailleurs qu’ici on ne vire pas tant les nouvelles recrues par manque de compétences, que par manque de « savoir être ». Il faut être un collègue sympa, et que les gens se souviennent de toi plus tard pour le boulot qui s’ouvre. Avoir et développer son « réseau » est donc un passage obligé, par le bénévolat, les groupes de discussion (connaissez vous les toast masters ?) et les autres activités sociales…

Voilà pour les éléments de contexte. Entre septembre et décembre j’ai ainsi envoyé au moins 200 de candidatures restées sans réponse, pour plein de postes différents, et j’ai un peu craqué moralement. Juste une poignée d’entretiens, surtout téléphoniques, restés dans lendemain. J’ai donc changé de stratégie en janvier. Le matin, je retourne sur les bancs de l’école en prenant des cours d’anglais à la TSDB, comme les enfants ! Au déjeuner, je bosse comme livreur à vélo, pour doordash ou foodora. Pourquoi ce boulot ? Parce qu’en tant que vieux cycliste, j’étais curieux de faire cette expérience là, que le recrutement est facile et rapide, que l’emploi du temps est souple et que ça ne paie pas si mal, en tout cas quand mon vélo roule et que personne n’est malade à la maison (compter autour de 20$/h autour du dej, quand le salaire minimum est à 14). C’est un peu piègeux quand il y a 10cm de neige dans la rue mais j’ai survécu aux pires journées maintenant. 😉

Et j’ai deux heures l’après midi pour manger, m’occuper de la maison et de la suite pour moi.

Mon profil LinkedIn est à jour avec une jolie photo et ce qu’il faut de mots-clés. J’ai arrêté les candidatures à la chaîne et je me concentre sur les gens que je rencontre. Car visiblement c’est comme ça que ça marche (spoiler : il se pourrait d’ailleurs que ce soit en train de porter ses fruits). Il m’aura juste fallu six mois pour comprendre.

Toronto #13 : polar vortex

Ça ressemble au titre d’un bouquin qui fait peur, ou encore au nom d’un poison inventé dans je ne sais quel laboratoire au temps de la guerre froide.

On a découvert le concept de polar vortex il y a un peu plus d’un mois, en tombant, dieu sait comment, sur le site severe-weather : « sudden stratospheric warming underway« . L’article disait en gros que la stratosphère du pôle nord était en train de se réchauffer, ce qui risquait de pousser vers l’Europe et l’Amérique du Nord un froid polaire dans les semaines suivantes. Initialement j’étais plutôt préoccupé par cette histoire de réchauffement des pôles (si ça ne vous parle pas, renseignez vous c’est un peu flippant), mais le froid polaire en Amérique du Nord… Bon.

Il faut dire que jusque là, en novembre et décembre, nous avions eu un hiver assez clément… Un peu de neige, vers mon anniversaire, mais rien de commun avec les grands froids que nous avions pu expérimenter au Québec lors de nos voyages précédents, et plus particulièrement à Montréal à la fin décembre. On était donc devenu assez serein vis-à-vis de l’hiver torontois, d’autant que les gens d’ici sont souvent rassurants sur le sujet, en mode il ne fait jamais très froid de ce côté ci du Canada.

Bref. Après avoir lu l’article, j’ai du faire une blague facile à Sarah, du genre : « tiens, winter is coming ». Et elle a du répondre en se moquant de moi, que je devrais arrêter de regarder les sites de météo, et me comparer par la même occasion à ma regrettée mamie.

Mais, de fait, severe-weather avait vu juste :

En gros et gras ce sont les… max ! Le matin en allant à l’école, c’est en bleu. 😉

On a donc eu du méchant froid, de la grosse neige, et re-du méchant froid. Avec pour conséquence un week-end planqué dans l’appartement pour cause de la tempête de neige :

A ce niveau de température (-21°C donc, sans compter le vent !), on a beau avoir un bon manteau et de bonnes chaussures, et bien soyez certains qu’on se pèle comme il faut. Surtout quand on compte passer une heure ou deux sur un vélo… (mais ce sera le sujet d’un autre billet)

Les transports en commun, qui pourtant en ont vu passer des belles, ont bien souffert, avec les mêmes polémiques qu’en France dès que le temps sort de l’ordinaire… Comme quoi. Heureusement, n’ayant pas à prendre ni le métro, ni le tram, ni la voiture, nous avons pu nous concentrer sur le charme d’une ville recouverte plus longtemps qu’à l’accoutumée d’un épais manteau de neige.

Les joies de la neige dans son jardin 🙂
Notre Grange Park tout blanc
Toronto vue du 52e étage de la plus haute tour de bureau de Toronto !
Le calme après la tempête, au petit matin

Le pire dans tout ça, c’est qu’on a eu la chance de ne se trouver qu’au bord du dit « vortex polaire », car les voisins de Chicago ont pris encore bien plus cher !

Et puis, comme toutes les bonnes choses ont une fin, le vortex est rentré il y a quelques jours chez lui, au pôle nord, et les températures ont très subitement retrouvé la normale. La neige fond et gèle et re-fond, les virus sont à la fête… Il fait autour de zéro degré, et on se surprend à trouver que c’est finalement une température pas si désagréable. On devient encore un peu plus canadien, quoi.

Pour conclure ce billet, je vous renvoie vers une émission récente de France Culture : Qui doit avoir peur du vortex polaire ? (ça ne s’invente pas !). En ce qui concerne, nous n’avons pas plus peur, mais on n’est pas pressé de se le coltiner de nouveau. 🙂

Toronto #12: Piggie and Elephant, à la conquête de l’anglais

Il semblerait que les Canadiens aiment lire, et surtout aiment les livres. Nous les voyons lire dans les transports, les salles d’attente, les cafés.

A Toronto, nous avons la chance d’avoir accès à un immense réseau de bibliothèques, gratuitement, avec de nombreux livres en français. Un système bien rodé permet de commander un livre à distance, qui est ensuite « livré » à notre bibliothèque habituelle – tout ouvrage peut également être restitué à n’importe quelle bibliothèque du réseau.

Les enfants en profitent énormément : Élisabeth a acquis la lecture seule cette été et a donc pu emprunter des livres graduellement plus compliqués, tandis que Gabriel a pu poursuivre ses orgies de Percy Jackson.

L’école a commencé bien sûr, et avec elle la cohabitation avec des livres en anglais, la bibliothèque de l’école, la foire aux livres. Tant Gabriel qu’Élisabeth ont des temps de classe « calmes » dédiés à la lecture pure, seuls ou en groupe. Ils ont donc commencé à nous parler d’ouvrages anglophones. Parmi eux, Élisabeth a rapidement mentionné les aventures de Piggy and Elephant, de Mo Willems.

Cette grande collection de livres raconte les aventures des deux amis, une cochonne et un éléphant (sans rire?), avec beaucoup de tendresse et un peu de folie. Les albums sont à la fois faciles à lire en termes de vocabulaire, car destinés aux jeunes lecteurs, et très drôles, même pour les adultes.

Nous avons ensuite trouvé certains exemplaires en français et les enfants ont été assez déçus ! Certaines blagues n’étaient pas ou mal traduites, les personnages ne s’appellent pas pareil… Nous avons pu introduire l’idée que lorsqu’on le peut, il est encore meilleur de savourer une œuvre dans sa langue originale. 😉

Ces deux petits personnages sont rentrés pour longtemps dans l’imaginaire des enfants – cela n’aurait pas pu arriver ailleurs, et c’est très précieux !

Toronto #11: à la recherche d’une bonne baguette

Voici le premier billet de 2019 ! Nous vous souhaitons à tous une très belle et douce année à venir.

En cette période de fêtes, nous sommes allés contre la mode et ne sommes pas rentrés en France. Dans un pays aussi divers et une ville tellement façonnée par l’immigration, il est impressionnant de voir la majorité des collègues ou connaissances repartir chez eux en fin d’année. Mais finalement, en choisissant de partir quelques jours à Montréal, nous sommes en quelque sorte un peu rentrés à la maison.

Quelques ups and downs de ces cinq jours au Québec…

UP. Le trajet en train

Un des premiers objectifs de ce voyage était de nous permettre de bouger en restant dans un petit budget, et en évitant la voiture si possible (l’estomac d’Elisabeth nous remercie) – après quelques comparaisons, le train s’est révélé être une option intéressante. On voyage d’un centre ville a un autre, dans des conditions confortables. Chaque wagon possède un agent chargé du confort des passagers, et circule régulièrement avec un petit chariot de boissons/encas, comme dans un avion, à des prix plus raisonnables que ceux du wagon restaurant de la SNCF. Principal écueil : c’est long, presque 5 heures. Lorsqu’on a l’habitude du TGV, on se dit que le trajet pourrait être deux fois plus court et faciliter grandement la circulation entre ces deux grandes villes canadiennes. Mais en fait, ici, ceux qui sont pressés prennent l’avion (un décollage toutes les 30 minutes entre les deux villes en moyenne).

Posés.

DOWN. Le froid et les virus

Nous pensions nous être relativement adaptés au Canada et à ses températures, nous sommes maintenant plutôt bien équipés (chaussures, manteaux, bonnets, gants et autres snoods…) – mais nous étions juste adaptés au sud de l’Ontario ! A Montréal, il fait froid froid froid, le genre de froid qui te rend désagréable parce que tu dois attendre dix secondes sur le bord du trottoir que le bonhomme passe au vert. Il nous aurait fallu des combinaisons de ski. Nous avons eu aussi une belle journée de slush (chutes de neige toute la nuit, températures très douces le matin, tout fond et fait de la bouillie), dans laquelle nous avons navigué sans trop d’encombre. Guillaume a pâti de ces variations de thermostat et est lui-même monté jusqu’à 104 degrés Fahrenheit (je vous laisse faire la conversion).

UP. Le pain! La baguette viennoise! Les croissants! La quiche! Les chouquettes!
Sans aucune originalité nous avions réservé un AirBNB dans le Plateau Mont Royal, réputé comme le quartier français de la ville. De fait, une boulangerie, Première Moisson, se trouvait à une minute de la maison. Nous y avons donc fait honneur tous les jours. 🙂

Nous n’avons pas pu résister à déguster une galette des rois… le 26 décembre ! Je comprends mieux pourquoi nous avons perdu un peu de poids depuis notre arrivée à Toronto 😉

DOWN. Les gens (enfin certains, bien sûr)

Bien sûr cela reste le Canada et tout le monde est très amical, et bien sûr nous résidions dans le quartier français, je ne m’aventurerais donc pas à ternir l’image des Québécois. Cependant, après six mois d’immersion dans le Canada anglo-saxon, quelques petites choses ont attiré notre attention. Les gens tiennent moins la porte pour la poussette, ne se lèvent pas pour proposer leur place dans le métro lorsqu’on débarque surchargé de bagages, essaient de doubler sans raison dans la file pour prendre le train…. Les attitudes latines ne sont en fait jamais loin. 😉

Les écureuils, par contre, ils sont plutôt plus cools. 🙂

UP. Le franglais des enfants

A Montréal, il est admis que chacun sait (bien) parler le français et l’anglais. Ce qui conduit à des conversations très drôles dans lesquelles on mélange le tout sans trop de scrupule. Les enfants ont navigué avec plaisir je crois dans ce métissage. Ils ont apprécié de trouver les versions françaises de leurs bandes dessinées anglophones préférées, répondre « Hello » à un bonjour, et ponctuer leur quotidien de « Oh my God! ». Je crois qu’ils ont passé le fameux cap de Noël avec les honneurs.

 

Toronto #10: sortir de la ville

Ce week-end, nous sommes sortis de Toronto pour la première fois depuis notre arrivée ! La ville est si vaste, et si bien équipée en espaces verts et autres plages que nous avions plutôt bien supporté notre été citadin.

Nous avons donc profité d’un « PA day » (pour Professional Activity day, c’est une journée de formation des instituteurs, à peu près mensuelle, pendant laquelle les enfants n’ont pas classe), pour partir en grand week-end.

Les premières neiges de l’année sont bien sûr arrivées jeudi soir, la veille de notre départ ! Les collègues m’ont assurée que les routes seraient parfaitement dégagées et praticables, et ils avaient raison. Nous avons donc pris la route vers Niagara-on-the-Lake, qui comme son nom l’indique est au bord du lac Ontario. La petite ville balnéaire, ancienne capitale de la province, était ce jour là toute recroquevillée sous la neige. Notre chance : elle abrite un très beau (et bon!) pub irlandais, le Irish Harp Club, où nous avons pu faire une gustative pause déjeuner (note de Guillaume : penser à y réserver une semaine de vacances, à l’occasion 🙂 ).

Une vingtaine de kilomètres plus au sud, le long de la rivière Niagara, se trouve Niagara Falls. Nous avions choisi la facilité et le confort, avec une grande chambre familiale au Sheraton on the falls, avec vue sur les chutes. La belle surprise fut d’apprendre qu’une compétition internationale de feu d’artifices y était en cours: nous avons pu assister à deux magnifiques spectacles les vendredi et samedi soirs, tirés par les concurrents finlandais puis brésiliens, en direct de la chambre et en pyjama!

Pour le reste, nous avons succombé aux classiques sirènes du lieu: promenade le long des chutes, tour en bateau au pied des chutes, déjeuner au Hard Rock Café… Les enfants ont profité chaque soir de la piscine de l’hôtel pour nous montrer leurs grands progrès.

Sur le retour, et de nouveau sous la neige, nous avons continué vers le sud jusqu’aux côtes du lac Erié (il va vous falloir réviser votre géographie des grands lacs, pas vrai?), précisément à Crystal Beach, autre petite ville de bord de lac complètement déserte ! En Canadiens d’adoption, les enfants ont repris des forces avec mac and cheese et verre de lait, et Guillaume a savouré son premier surf and turf (note de Guillaume : et c’était trop copieux ! j’aurais sûrement mieux fait de prendre le Fried Haddock du jour 🙂 ).


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Un week-end dépaysant qui nous a fait beaucoup de bien et nous a permis d’avoir une autre vision de l’Ontario et du Canada !

Toronto #8: comment University Settlement est devenu l’épicentre de notre vie quotidienne.

Tout d’abord, toutes nos excuses pour le silence des dernières semaines. Chaque semaine, nous pensons au blog et chaque semaine, nous sommes rattrapés par le tourbillon de la vie quotidienne de la famille nombreuse (j’en vois quelques-uns au fond qui voient de quoi je parle…)

Déjà deux mois d’école, et nous ne sommes même pas en vacances, nous 🙂 Je ne trouve sincèrement pas que les enfants soient plus fatigués, avec ce rythme d’école 8h35-15h35, cinq jours par semaine. Une fois par mois environ, ils n’ont pas classe le vendredi, cette journée est alors utilisée par les professeurs pour se réunir et/ou se former. Cela permet aux enfants de souffler un peu s’ils ont le bonheur d’avoir un parent qui peut prendre sa journée, ou de profiter d’autres activités (Gabriel va par exemple faire une journée de tournoi d’échecs début décembre, pizza incluse bien sûr!)

Une deuxième mamie, Mamie Pat, est venue nous rendre visite début octobre (et est rentrée en France avec quelques virus!), Léonor a eu 12 puis 13 mois et fait littéralement ses premiers pas; les enfants nous demandent constamment de traduire des mots, dans les deux sens d’ailleurs, Elisabeth a même réclamé un dictionnaire pour la classe!

Je voulais revenir sur une grande chance qui nous a été offerte en cette rentrée, celle de pouvoir intégrer le centre communautaire d’University Settlement, situé à peine à une dizaine de minutes à pied de chez nous. Comme Guillaume le mentionnait dans le billet précédent, Elisabeth et Gabriel s’y rendent chaque soir après l’école pour le goûter et des activités culturelles et sportives.

Début octobre, nous avons également été contactés par la crèche de ce centre qui avait une place pour Léonor! Il a donc fallu se désister de la première crèche où elle aura donc passé cinq semaines, puis faire une nouvelle adaptation. Tout se passe très bien, Léonor a accès a une section spacieuse pour les bébés, à une grande aire de jeux extérieure, à la piscine (!) et surtout aux bons petits plats d’une cuisinière qui travaille à plein temps pour la crèche!

University Settlement a été fondé en 1910 (ce qui est trèèèès vieux pour le Canada) afin d’aider les nouveaux arrivants à s’installer (to settle) dans ce quartier qui est très proche de l’Université de Toronto et de University Avenue. J’aime beaucoup le fait que plus de cent ans plus tard, ce centre communautaire nous accueille dans sa stricte vocation. A 17h20 (peut être tôt pour la France, mais complètement normal ici), nous pouvons aller chercher Léonor, descendre un étage, puis récupérer les deux grands de leur activité périscolaire. Immense luxe!

D’ailleurs, ce mercredi, nous allons fêter Halloween ensemble, tous âges confondus… Rappelez-nous de vous raconter…

Toronto #7 : première rentrée !

Vinere, videre. Les enfants ont survécu à la rentrée scolaire au Canada, un sujet des fantasmes et des craintes depuis notre départ. Et bonne nouvelle (je brise tout de suite le suspense), ça s’est même bien passé !

Nous avons choisi avec Sarah de les inscrire dans l’école du quartier, publique, laïque et anglophone. Elle se trouve à 800m à pied de chez nous, 750 en coupant à travers l’hôpital de Sarah. On aurait pu décider de faire autrement, notamment de les inscrire dans une école francophone, mais cela nous aurait compliqué la vie – il y en a beaucoup moins, et elles sont donc souvent beaucoup plus éloignées – et réduit un peu l’intérêt pour eux de vivre dans un pays anglophone. Ils vont donc avoir un quotidien en anglais et, paraît-il, s’y faire très bien après quelques semaines/mois d’adaptation.

Concrètement, les deux grands ont chacun une maitresse (le métier est semble-t-il aussi féminin ici qu’en France). Toutes deux sont très souriantes et rassurantes dès le premier contact. Celle de Gabriel parle quelques mots de français. Surtout, Gabriel passe pour le moment ses matinées dans un « laboratoire », à savoir une autre salle de classe, où, croyons nous comprendre, sont réunis les élèves ne parlant pas encore anglais, avec une autre maitresse, qui parle elle français. Pour être honnête, ce n’est pas très clair pour nous non plus, on tâchera d’en savoir plus dans les jours qui viennent. 😉

Élisabeth est de son côté plongée dans le grand bain. Après un premier jour un peu chaotique, il semble qu’elle soit déjà plus à l’aise aujourd’hui. Elle s’est étonnée le deuxième jour que les élèves passent une bonne partie de la journée assis sur un tapis, à apprendre des chansons, à jouer, à se déguiser… Le grade 1 canadien semble moins formel que le CP français. 😉 Les classes semblent moins chargées aussi. 19 élèves chez Élisabeth, un peu plus chez Gabriel.

Au programme, on ne sait pas trop encore. Mais ce qui est formidable, c’est qu’outre l’anglais, les deux grands découvrent tous les jours un peu de mandarin, un apprentissage particulier dispensé par cette école. Ils ont également des cours d’initiation au français, où ils pourront aider leurs camarades et inverser les rôles. L’école termine à 15h30 et nous avons pu inscrire les enfants auprès d’une association qui organise un afterschool à proximité de l’école, University settlement. Il faut savoir qu’il n’y a pas ici de centre de loisirs municipal ouvert à tous comme en France (ou à Ivry en tout cas !). Le programme du centre prévoit chaque jour de la semaine un thème différent : soccer, natation, théâtre, cours de cuisine, ateliers créatifs divers, etc. Les enfants commencent la semaine prochaine !

Devant, des enfants. Derrière les arbres, un centre de loisirs !

Continuons sur les différences : pratiquement aucune affaire scolaire n’a été réclamée, ou même fournie, par l’école. En fait, le sac de classe des enfants est pour le moment rempli d’un cahier, d’un crayon et d’une… lunch box. Les enfants apportent en effet tous les jours leur pique nique du midi, et leurs collations du matin et du début d’après midi aussi, s’il vous plait. Préparés par les parents le soir ou le matin même. Autant dire que ça nécessite de l’organisation, de l’anticipation, et au final une belle petite charge mentale. On regrette un peu les précieuses cantines françaises où le repas est facturé quelques euros et la moitié des aliments sont bios…

Du coup, l’aspect expéditif du déjeuner au boulot n’est pas très surprenant. Quand le déjeuner en collectivité n’a jamais vraiment été un temps de partage et de cohésion pendant ta scolarité, pourquoi le deviendrait-il alors qu’on est payé pour travailler ? Ce n’est pas une surprise, mais on peut être fier en France d’avoir su conserver un certain art de la table, et l’aspect convivial d’un repas. En tout cas, nous, dans la famille, on tâche de s’y tenir, même si pour la lunch box on ne peut que s’y plier.

Enfin, en même temps que ses frère et sœur, Léonor découvre sa crèche (on appelle ça le childcare). Ici la crèche est hors de prix (en gros multipliez par deux les prix parisiens, et la crèche en question est tout en haut du panier local…) et un peu plus éloignée de chez nous, au sud de la ville. En contre-partie, la section des tous petits ne compte pour l’instant que cinq bébés (à peine plus que le nombre d’auxiliaires !), nous recevons chaque soir par mail un compte rendu de la journée de l’enfant, et les parents peuvent obtenir toutes les options d’alimentation possibles et imaginables : végétarien, vegan, sans gluten, sans noix, etc etc. La liste est longue comme un jour sans pain, et nous a un peu affolé. Du coup, quand on a dit que notre petite avait mangé d’à peu près tout et semblait ne souffrir d’aucune allergie, on s’est senti drôlement privilégié. Mais on n’a pas eu de réduction pour autant. 🙂

Tombé du ciel à travers les nuages, quel heureux présage…

Deux mois que nous la voyions tous les jours, dépassant un immeuble ici, échappée entre deux tours là, depuis notre salon aussi… Deux mois qu’elle faisait de l’œil aux enfants, qui avaient bien envie de la voir de plus près.

Alors pour fêter les deux anniversaires des grands, et profitant de la venue de ma chère maman ces jours-ci, nous sommes enfin montés sur la CN Tower ! Plus haute tour du monde de 1976 à 2008, elle est devenue par la force des choses le symbole de Toronto. La plateforme grand public est perchée à 346 mètres de haut (23 de plus que le sommet de notre Tour Eiffel ;)).

Craignant à raison une trop grande file d’attente, nous sommes arrivés pratiquement à l’ouverture, vers 9h du matin, avec nos tickets imprimés à l’avance. Il n’y avait presque pas un chat en bas, nous avons donc pu avoir un ascenseur rien que pour nous… et découvrir cette vue à couper le souffle.

Pardonnez le côté artisanal du panorama, mais il fallait ça pour conserver la richesse dans les détails. J’ai ajouté quelques indications pour vous y retrouver : chez nous, la mairie, notre parc quotidien, et Crêpes à Gogo. 🙂

De l’autre côté de la tour, les fameuses îles de Toronto. Il paraît que par beau temps, on peut voir jusqu’aux chutes du Niagara, de l’autre côté du lac. Nous n’en demandions pas tant…

A ne pas manquer, dans la tour, un plancher en verre pour se faire un petit frisson ❗

Il va falloir qu’on fasse un billet plus général sur les adresses qui nous ont plu depuis notre arrivée, mais ce qu’on peut dire rapidement, c’est que la ville nous charme par sa diversité, sa mixité, son énergie.

Les enfants flippent un peu en pensant la rentrée des classes. Je ne suis moi-même pas complétement rassuré sur ma propre recherche d’emploi à venir. Mais les deux premiers mois ont été vraiment chouettes, et on ne doute pas que le meilleur est à venir ! 🙂