Toronto #15 : Chicago #1

Il y a une deux trois semaines (le temps passe un peu trop vite), c’était March Break dans les écoles d’Ontario. Soit dit en passant la seule semaine de vacances des enfants entre Noël et l’été. Sarah et les kids auraient bien aimé fêter la presque fin de l’hiver aux Caraïbes ou en Floride, comme ça se fait pas mal ici, mais vraiment – vraiment – ce n’était pas dans nos moyens du moment. Alors Sarah a cherché un peu et a eu l’idée d’aller voir l’autre côté de la frontière, du côté de… Chicago.

Chicago jusque là pour moi, ça se résumait à Al Capone version Tintin en Amérique, le souvenir adolescent des Chicago Bulls de Michael Jordan, et le froid polaire qui s’est abattu récemment sur la ville (voir Toronto #13). Autant dire que je partais de loin. 🙂 Sarah, forte d’avoir vu l’intégrale d’Urgences en VF puis en VO, semblait mieux rencardée – je charrie à peine. La ville est à 1h30 d’avion depuis l’aéroport du centre ville de Toronto. Ce n’était pas hors de prix. Banco.

Sarah, à son habitude, nous dégote un hôtel confortable et central. Une seule chambre, suffisamment grande pour faire tenir deux lits doubles et un autre de bébé, et suffisamment robuste pour endurer notre horde de barbares – dîner compris – cinq jours et quatre nuits durant. Et tant pis pour les soirées des parents.

BRAAAHAABRAAAHAABRAHAAA. Fait le métro qui passe…

Le programme n’était pas vraiment arrêté et s’est fait au jour le jour. En arrivant de l’aéroport, les premières images de la ville impressionnent : la skyline, au loin d’abord et dont on se rapproche progressivement, puis, une fois arrivé en centre-ville, le métro surélevé qui fait une boucle (le Loop).

Le bazar est dans son jus, et c’est notamment ça qui fait son charme extraordinaire. Certaines rues du centre ville, qui ne sont pas toujours très larges, sont littéralement couvertes par la vieille armature métallique du métro. Et quand un métro débarque, c’est le vacarme. J’ai trouvé ça très beau, et assez bluffant dans son genre.

Deuxième impression : les immeubles ont la classe. Alors que les deux villes ont une taille comparable, le centre ville de Toronto ressemble à côté à celui d’une aimable ville de campagne. Renseignement pris, Chicago a vu naître les premiers gratte-ciels du monde, à la fin du 19ème siècle, après qu’un incendie a ravagé la ville. Lire à ce sujet l’article wiki sur l’école de Chicago.

Toujours sur l’architecture, gros coup de cœur personnel et chauvin pour la Tribune Tower, interprétation moderne de… la tour de beurre de la cathédrale de Rouen ! Allez vérifier, la parenté est indéniable. 😉

Dans un style très différent, la Marina City, deux tours jumelles en forme d’épis de maïs, tout en béton mais grandes ouvertes sur la ville. Tellement visionnaires et en même temps représentatives des années 1960. J’adore.

Ils ont eu la bonne idée de rassembler plusieurs de ces bâtiments le long de la rivière. Le Riverwalk est du coup un passage obligé. On l’a fait à la tombée du jour, c’était vraiment très beau.

Photo de famille

Dans le grand parc central de la ville, le Millenium Park, il faut aussi voir la statue métallique en forme de haricot, le Cloud Gate. On a lu qu’elle imite une goute de mercure liquide. Les immeubles des alentours s’y reflètent et s’y déforment, c’est curieux et poétique. La sculpture attire en tout cas la foule.

Il y a aussi le Navy Pier. Je n’ai découvert le principe du pier qu’assez récemment, lors d’un mémorable week-end entre copains à Brighton. C’est concrètement une jetée, posée au milieu d’une plage, qui sert de lieu de divertissement. C’est aussi une tradition britannique au charme certain, bien qu’un peu vieillot. A Brighton, une des deux jetées a été plus ou moins abandonnée, puis a brûlé, et il n’en reste plus que le squelette aujourd’hui, juste devant la plage. A Chicago, ça a été notre premier étape. La jetée n’a pas forcément le charme de ses homologues anglaises, mais les Américains ont mis les moyens : grande roue, musée pour les enfants, une serre, des dizaines de boutiques, bars, restaurants, etc. Ce qui ne change pas, c’est la beauté des vues que cela offre sur la ville et sur le large. Notamment quand le lac est en partie gelé.

Sue-sue-nette

Autre visite indispensable avec des enfants : Sue, paraît-il le plus grand T-rex du monde, et tout le musée d’histoire naturelle autour. Très chouette, on a été content d’y passer une matinée pluvieuse.

Et puis il y a la nourriture. Une des spécialités à Chicago est la deep dish pizza. C’est, comme son nom l’indique, une pizza, mais petite en diamètre et épaisse comme une quiche. Compter 40 minutes pour la cuisson ! Mais l’attente est largement récompensée, on s’est vraiment régalé.

Nous en avons aussi profité pour visiter ces adresses qui n’ont pas (encore) passé la frontière canadienne, comme les hamburgers de Shake Shack (on en avait fait un compte rendu photo ici en 2010, depuis New York 🙂 ) ou le supermarché Trader’s Joe, où tu as envie de tout acheter et qui avait la bonne idée d’être en bas de l’hôtel.

Entre chacune de ces balades, un vent à décorner les bœufs – normal pour une ville surnommée Windy city, et des températures oscillant entre -5 et +15.

C’était bien. :)

Toronto #14 bis : addendum

C’était dans l’air quand j’ai publié le billet précédent : j’ai finalement signé mon premier contrat torontois à temps plein !

Je ne crache cependant pas sur ces deux mois de livraison à vélo. Les mercis, les sourires, et -de temps à autres- les pourboires resteront de bons souvenirs. Tout comme la compassion des employés de resto quand il neigeait et/ou faisait -10 dehors, ou encore leur empressement à finir la commande quand j’arrivais en avance, afin que je puisse répartir vite et ne pas perdre trop de temps… Je m’en doutais avant de m’y mettre, mais c’est un métier dur, où il est difficile physiquement de travailler plus de 4h par jour et où le salaire brut peine à dépasser les 20$/h (soit 13€), où la précarité est la loi. Quand Léonor était malade ou mon vélo cassé, je ne pouvais pas travailler et je n’avais pas de salaire, c’est tout.

Bref, quand vous commandez à manger, pensez-y au moment de laisser un pourboire (même symbolique), car c’est uniquement grâce à ça que les livreurs gagnent un peu plus que le salaire horaire minimum !

Et maintenant donc ? Je travaille pour le Snakes & Lattes, une chaîne de cafés-jeux de société.

Pour les curieux j’ai trouvé cette vidéo de présentation, en français. Je passe les détails mais merci le réseau des Français, grâce auquel j’ai pu trouver ce boulot. Je rejoins l’équipe de distribution / expédition (vente en ligne et autres…), mon lieu de travail sera donc l’entrepôt. Autant dire que ça va me changer, une nouvelle fois.

Par ailleurs, je viens de trouver un bouquin à la biblio qui semble traiter avec une certaine pertinence des problèmes que j’ai rencontré pour trouver un boulot : What Color is your Parachute? En gros, pour ce que j’en ai lu jusqu’à maintenant, ça dit qu’il faut arrêter avec les CV en réponse à des offres d’emploi, ça ne marche (pratiquement) plus de ce côté-ci du monde, et ce depuis dix ans ! Voilà, comme ça vous savez aussi.

Toronto #14: où il est question de ranger sa fierté au fond de sa poche

Assez bavardé, cette fois on va parler d’un sujet sérieux (ooouuuhhh).

J’avais la chance en France d’être serein concernant le boulot : homme, blanc (faut dire ce qui est), parisien, pas encore trop vieux, avec un diplôme reconnu et ce qu’il faut d’expérience – et quelques compétences, paraît-il, dans ce qu’on appelle les systèmes d’information… Le portrait robot du type qui doit pouvoir se trouver un boulot confortable en quelques jours, s’il n’est pas trop difficile.

Et puis, et puis nous sommes venus ici, à l’étranger, et il m’a fallu chercher un boulot. Sans réseau, expérience ni diplôme canadien… Ou comment passer de l’autre côté du miroir. Un recruteur français de Toronto m’avait prévenu l’hiver dernier : « attention les Français peuvent mettre six mois à trouver un boulot, même quand ils ont une bonne expérience en France. Il va te falloir rencontrer du monde ». Boarf.

La première étape en arrivant, faire son CV. Ici on dit resume. Traduire un CV n’est pas évident : la mise en forme du document et les attendus sont différents, et le vocabulaire et les expressions professionnelles sont parfois très particuliers. Mon métier en France c’est l’« assistance à maîtrise d’ouvrage en systèmes d’information » (si si – ici on dit IT Business Analyst, ou encore Business Systems Analyst). Déjà à expliquer à des Français c’est tout un art, alors le faire dans une autre langue… 😑

Mais, surtout, ce que j’ai compris un peu tardivement, c’est l’automatisation de la sélection. Pour chaque offre de cadre publiée par une grande boîte, les centaines de candidatures sont classés par un ordinateur, en fonction, pour l’essentiel, d’un certain nombre de mots clés attendus. En pratique, si on n’a pas pris de temps d’identifier les mots attendus et de les intégrer dans son résumé avant de l’envoyer -> poubelle. Comme probablement 90% de mes candidatures de l’automne dernier. C’est arrivé à un tel point qu’il m’a été conseillé de me payer un abonnement sur jobscan.co (60$/mois!), qui te donne à la volée le pourcentage de correspondance entre ton résumé et telle offre, et te liste les mots à y rajouter… La ligne entre l’enrobage et le pipeau est parfois un peu ténue.

Deuxième difficulté : la cover letter, comme on appelle ici les lettres de motivation. Je n’étais jamais très à l’aise avec cet exercice de style en France, c’est pire ici. Elle n’est pourtant pas toujours requise, mais on se dit que sans lettre, on va forcément louper le job auquel 200 personnes ont candidaté…. Et surtout, les Canadiens ont une capacité beaucoup plus naturelle que nous à se (sur)vendre : « c’est pourquoi je suis vraiment le candidat parfait et idéal etc. ». Il ne faut pas mentir mais, en même temps, faire profil bas c’est inquiéter le lecteur. Il y a la une vraie différence culturelle, que Sarah a du intégrer fissa dans l’écriture de ses papiers.

Troisième difficulté : n’avoir ni réseau ni première expérience canadienne. Et ça, c’est vraiment compliqué à surmonter. Tous les immigrants expérimentés y sont confrontés. Une bonne partie (la majorité ?) des offres n’est en fait même pas publiée, les employeurs faisant d’abord appel à leurs réseaux de connaissances. On m’a expliqué d’ailleurs qu’ici on ne vire pas tant les nouvelles recrues par manque de compétences, que par manque de « savoir être ». Il faut être un collègue sympa, et que les gens se souviennent de toi plus tard pour le boulot qui s’ouvre. Avoir et développer son « réseau » est donc un passage obligé, par le bénévolat, les groupes de discussion (connaissez vous les toast masters ?) et les autres activités sociales…

Voilà pour les éléments de contexte. Entre septembre et décembre j’ai ainsi envoyé au moins 200 de candidatures restées sans réponse, pour plein de postes différents, et j’ai un peu craqué moralement. Juste une poignée d’entretiens, surtout téléphoniques, restés dans lendemain. J’ai donc changé de stratégie en janvier. Le matin, je retourne sur les bancs de l’école en prenant des cours d’anglais à la TSDB, comme les enfants ! Au déjeuner, je bosse comme livreur à vélo, pour doordash ou foodora. Pourquoi ce boulot ? Parce qu’en tant que vieux cycliste, j’étais curieux de faire cette expérience là, que le recrutement est facile et rapide, que l’emploi du temps est souple et que ça ne paie pas si mal, en tout cas quand mon vélo roule et que personne n’est malade à la maison (compter autour de 20$/h autour du dej, quand le salaire minimum est à 14). C’est un peu piègeux quand il y a 10cm de neige dans la rue mais j’ai survécu aux pires journées maintenant. 😉

Et j’ai deux heures l’après midi pour manger, m’occuper de la maison et de la suite pour moi.

Mon profil LinkedIn est à jour avec une jolie photo et ce qu’il faut de mots-clés. J’ai arrêté les candidatures à la chaîne et je me concentre sur les gens que je rencontre. Car visiblement c’est comme ça que ça marche (spoiler : il se pourrait d’ailleurs que ce soit en train de porter ses fruits). Il m’aura juste fallu six mois pour comprendre.

Toronto #13 : polar vortex

Ça ressemble au titre d’un bouquin qui fait peur, ou encore au nom d’un poison inventé dans je ne sais quel laboratoire au temps de la guerre froide.

On a découvert le concept de polar vortex il y a un peu plus d’un mois, en tombant, dieu sait comment, sur le site severe-weather : « sudden stratospheric warming underway« . L’article disait en gros que la stratosphère du pôle nord était en train de se réchauffer, ce qui risquait de pousser vers l’Europe et l’Amérique du Nord un froid polaire dans les semaines suivantes. Initialement j’étais plutôt préoccupé par cette histoire de réchauffement des pôles (si ça ne vous parle pas, renseignez vous c’est un peu flippant), mais le froid polaire en Amérique du Nord… Bon.

Il faut dire que jusque là, en novembre et décembre, nous avions eu un hiver assez clément… Un peu de neige, vers mon anniversaire, mais rien de commun avec les grands froids que nous avions pu expérimenter au Québec lors de nos voyages précédents, et plus particulièrement à Montréal à la fin décembre. On était donc devenu assez serein vis-à-vis de l’hiver torontois, d’autant que les gens d’ici sont souvent rassurants sur le sujet, en mode il ne fait jamais très froid de ce côté ci du Canada.

Bref. Après avoir lu l’article, j’ai du faire une blague facile à Sarah, du genre : « tiens, winter is coming ». Et elle a du répondre en se moquant de moi, que je devrais arrêter de regarder les sites de météo, et me comparer par la même occasion à ma regrettée mamie.

Mais, de fait, severe-weather avait vu juste :

En gros et gras ce sont les… max ! Le matin en allant à l’école, c’est en bleu. 😉

On a donc eu du méchant froid, de la grosse neige, et re-du méchant froid. Avec pour conséquence un week-end planqué dans l’appartement pour cause de la tempête de neige :

A ce niveau de température (-21°C donc, sans compter le vent !), on a beau avoir un bon manteau et de bonnes chaussures, et bien soyez certains qu’on se pèle comme il faut. Surtout quand on compte passer une heure ou deux sur un vélo… (mais ce sera le sujet d’un autre billet)

Les transports en commun, qui pourtant en ont vu passer des belles, ont bien souffert, avec les mêmes polémiques qu’en France dès que le temps sort de l’ordinaire… Comme quoi. Heureusement, n’ayant pas à prendre ni le métro, ni le tram, ni la voiture, nous avons pu nous concentrer sur le charme d’une ville recouverte plus longtemps qu’à l’accoutumée d’un épais manteau de neige.

Les joies de la neige dans son jardin 🙂
Notre Grange Park tout blanc
Toronto vue du 52e étage de la plus haute tour de bureau de Toronto !
Le calme après la tempête, au petit matin

Le pire dans tout ça, c’est qu’on a eu la chance de ne se trouver qu’au bord du dit « vortex polaire », car les voisins de Chicago ont pris encore bien plus cher !

Et puis, comme toutes les bonnes choses ont une fin, le vortex est rentré il y a quelques jours chez lui, au pôle nord, et les températures ont très subitement retrouvé la normale. La neige fond et gèle et re-fond, les virus sont à la fête… Il fait autour de zéro degré, et on se surprend à trouver que c’est finalement une température pas si désagréable. On devient encore un peu plus canadien, quoi.

Pour conclure ce billet, je vous renvoie vers une émission récente de France Culture : Qui doit avoir peur du vortex polaire ? (ça ne s’invente pas !). En ce qui concerne, nous n’avons pas plus peur, mais on n’est pas pressé de se le coltiner de nouveau. 🙂

Toronto #7 : première rentrée !

Vinere, videre. Les enfants ont survécu à la rentrée scolaire au Canada, un sujet des fantasmes et des craintes depuis notre départ. Et bonne nouvelle (je brise tout de suite le suspense), ça s’est même bien passé !

Nous avons choisi avec Sarah de les inscrire dans l’école du quartier, publique, laïque et anglophone. Elle se trouve à 800m à pied de chez nous, 750 en coupant à travers l’hôpital de Sarah. On aurait pu décider de faire autrement, notamment de les inscrire dans une école francophone, mais cela nous aurait compliqué la vie – il y en a beaucoup moins, et elles sont donc souvent beaucoup plus éloignées – et réduit un peu l’intérêt pour eux de vivre dans un pays anglophone. Ils vont donc avoir un quotidien en anglais et, paraît-il, s’y faire très bien après quelques semaines/mois d’adaptation.

Concrètement, les deux grands ont chacun une maitresse (le métier est semble-t-il aussi féminin ici qu’en France). Toutes deux sont très souriantes et rassurantes dès le premier contact. Celle de Gabriel parle quelques mots de français. Surtout, Gabriel passe pour le moment ses matinées dans un « laboratoire », à savoir une autre salle de classe, où, croyons nous comprendre, sont réunis les élèves ne parlant pas encore anglais, avec une autre maitresse, qui parle elle français. Pour être honnête, ce n’est pas très clair pour nous non plus, on tâchera d’en savoir plus dans les jours qui viennent. 😉

Élisabeth est de son côté plongée dans le grand bain. Après un premier jour un peu chaotique, il semble qu’elle soit déjà plus à l’aise aujourd’hui. Elle s’est étonnée le deuxième jour que les élèves passent une bonne partie de la journée assis sur un tapis, à apprendre des chansons, à jouer, à se déguiser… Le grade 1 canadien semble moins formel que le CP français. 😉 Les classes semblent moins chargées aussi. 19 élèves chez Élisabeth, un peu plus chez Gabriel.

Au programme, on ne sait pas trop encore. Mais ce qui est formidable, c’est qu’outre l’anglais, les deux grands découvrent tous les jours un peu de mandarin, un apprentissage particulier dispensé par cette école. Ils ont également des cours d’initiation au français, où ils pourront aider leurs camarades et inverser les rôles. L’école termine à 15h30 et nous avons pu inscrire les enfants auprès d’une association qui organise un afterschool à proximité de l’école, University settlement. Il faut savoir qu’il n’y a pas ici de centre de loisirs municipal ouvert à tous comme en France (ou à Ivry en tout cas !). Le programme du centre prévoit chaque jour de la semaine un thème différent : soccer, natation, théâtre, cours de cuisine, ateliers créatifs divers, etc. Les enfants commencent la semaine prochaine !

Devant, des enfants. Derrière les arbres, un centre de loisirs !

Continuons sur les différences : pratiquement aucune affaire scolaire n’a été réclamée, ou même fournie, par l’école. En fait, le sac de classe des enfants est pour le moment rempli d’un cahier, d’un crayon et d’une… lunch box. Les enfants apportent en effet tous les jours leur pique nique du midi, et leurs collations du matin et du début d’après midi aussi, s’il vous plait. Préparés par les parents le soir ou le matin même. Autant dire que ça nécessite de l’organisation, de l’anticipation, et au final une belle petite charge mentale. On regrette un peu les précieuses cantines françaises où le repas est facturé quelques euros et la moitié des aliments sont bios…

Du coup, l’aspect expéditif du déjeuner au boulot n’est pas très surprenant. Quand le déjeuner en collectivité n’a jamais vraiment été un temps de partage et de cohésion pendant ta scolarité, pourquoi le deviendrait-il alors qu’on est payé pour travailler ? Ce n’est pas une surprise, mais on peut être fier en France d’avoir su conserver un certain art de la table, et l’aspect convivial d’un repas. En tout cas, nous, dans la famille, on tâche de s’y tenir, même si pour la lunch box on ne peut que s’y plier.

Enfin, en même temps que ses frère et sœur, Léonor découvre sa crèche (on appelle ça le childcare). Ici la crèche est hors de prix (en gros multipliez par deux les prix parisiens, et la crèche en question est tout en haut du panier local…) et un peu plus éloignée de chez nous, au sud de la ville. En contre-partie, la section des tous petits ne compte pour l’instant que cinq bébés (à peine plus que le nombre d’auxiliaires !), nous recevons chaque soir par mail un compte rendu de la journée de l’enfant, et les parents peuvent obtenir toutes les options d’alimentation possibles et imaginables : végétarien, vegan, sans gluten, sans noix, etc etc. La liste est longue comme un jour sans pain, et nous a un peu affolé. Du coup, quand on a dit que notre petite avait mangé d’à peu près tout et semblait ne souffrir d’aucune allergie, on s’est senti drôlement privilégié. Mais on n’a pas eu de réduction pour autant. 🙂

Tombé du ciel à travers les nuages, quel heureux présage…

Deux mois que nous la voyions tous les jours, dépassant un immeuble ici, échappée entre deux tours là, depuis notre salon aussi… Deux mois qu’elle faisait de l’œil aux enfants, qui avaient bien envie de la voir de plus près.

Alors pour fêter les deux anniversaires des grands, et profitant de la venue de ma chère maman ces jours-ci, nous sommes enfin montés sur la CN Tower ! Plus haute tour du monde de 1976 à 2008, elle est devenue par la force des choses le symbole de Toronto. La plateforme grand public est perchée à 346 mètres de haut (23 de plus que le sommet de notre Tour Eiffel ;)).

Craignant à raison une trop grande file d’attente, nous sommes arrivés pratiquement à l’ouverture, vers 9h du matin, avec nos tickets imprimés à l’avance. Il n’y avait presque pas un chat en bas, nous avons donc pu avoir un ascenseur rien que pour nous… et découvrir cette vue à couper le souffle.

Pardonnez le côté artisanal du panorama, mais il fallait ça pour conserver la richesse dans les détails. J’ai ajouté quelques indications pour vous y retrouver : chez nous, la mairie, notre parc quotidien, et Crêpes à Gogo. 🙂

De l’autre côté de la tour, les fameuses îles de Toronto. Il paraît que par beau temps, on peut voir jusqu’aux chutes du Niagara, de l’autre côté du lac. Nous n’en demandions pas tant…

A ne pas manquer, dans la tour, un plancher en verre pour se faire un petit frisson ❗

Il va falloir qu’on fasse un billet plus général sur les adresses qui nous ont plu depuis notre arrivée, mais ce qu’on peut dire rapidement, c’est que la ville nous charme par sa diversité, sa mixité, son énergie.

Les enfants flippent un peu en pensant la rentrée des classes. Je ne suis moi-même pas complétement rassuré sur ma propre recherche d’emploi à venir. Mais les deux premiers mois ont été vraiment chouettes, et on ne doute pas que le meilleur est à venir ! 🙂

Toronto #5 : le milk shake

Dans notre processus de nord-américanisation, il est un cliché que nous avons voulu accomplir : apprendre à faire de bons milk shakes. En plus il fait souvent entre 25 et 30 degrés dans la journée, c’est donc un gouter tout à fait adapté.

Complétement novices, nous avons recherché ce qui se disait sur le web et sommes tombés sur l’article dédié sur WikiHow. L’article est marqué comme étant « Community Tested » (l’équivalent des articles labellisés sur Wikipédia ?), autant dire qu’il est digne de confiance.

Et abrégé voici la recette, pour un grand verre :

  • trouver un mixeur de bonne contenance (ça paraît bête mais il a fallu que nous nous équipions)
  • y mettre trois boules de crème glacée à la vanille, la plus onctueuse possible, quelques goûtes d’extrait de vanille (comme nous avons voulu faire les choses bien, nous avons pris de l’arôme naturel), un fond de tasse de lait (plus ou moins en fonction du caractère liquide souhaité).

L’occasion de deux petits apartés : 1. ici le lait est frais, volontiers bio et se vend par pochon de 4 litres. Autant dire qu’on n’en manque pas. 2. ne pas rajouter de glace au milk shake, c’est de l’eau et du coup on perd en goût et en crémeux.

  • on peut rajouter à la préparation des fruits frais ou surgelés – des fraises, framboises, bananes, etc.
  • bien mixer, verser dans un beau verre (qu’on peut avoir mis au congélateur avant histoire que ce soit la classe), mettre une paille (pas une paille jetable par contre, parce que c’est une saloperie pour l’environnement).
  • se poser dans son canapé et déguster 🙂

Résultat des tests menés jusque là  : Élisabeth a particulièrement aimé le milk shake à la fraise, tandis que Gabriel semble préférer le milk shake nature (à la vanille s’entend). Quant à Léonor, elle est carrément prête à tout essayer, tant que c’est doux et sucré. 😀

De la patience d’un enfant devant un milk shake.
Juste avant le moment magique de l’appui sur le bouton.
Tada !
Miam et slurp :d

 

Toronto #4 : le temps passe trop vite !

Deux semaines déjà que nous sommes arrivés dans notre nouveau palais. Deux semaines et plein de choses faites, vues, entendues, découvertes. Je n’aurai probablement pas ni la patience ni la mémoire ce soir de raconter tout cela, mais allons-y quand même.

Première chose d’importance, l’appartement est maintenant complétement meublé ! \o/ Les enfants ont maintenant leur chambre bien à eux, avec un lit pour chacun. Après un mois de pérégrinations, les voir réinstaller leurs doudous, posters, et autres attrape-rêves était une belle récompense ! Nous serons ravis de le faire visiter à tous ceux d’entre vous qui passeront en Ontario dans les deux années à venir. 🙂

Autre chose d’importance, Sarah attaque sa quatrième semaine au Sick Kids ! Les choses sérieuses ont commencé et ce n’est pas de tout repos, mais je pense qu’elle est profondément heureuse d’être de retour dans le bain. Elle en écrira probablement plus elle-même quand elle aura le temps.

Léo à la plage

Quand nous trouvons du temps le week-end entre deux obligations, ou quand maman travaille, nous faisons nos touristes ! Hier, nous avons enfin pu découvrir une des fameuses plages de Toronto (nous avons fait simple, en allant dans le quartier The Beaches). Le temps ne s’y prêtait que moyennement, rappelant un Jullouville du mois d’avril : pas mal de vent, des rouleaux, un drapeau jaune, une eau un peu trouble. Tout ce que j’aime ! Côté exotisme, des lifeguards tout de rouge vêtus et des hot dogs pour déjeuner. 😀

Nous avons aussi visité l’exposition Spiders: Fear and Fascination du ROM, le Royal Ontario Museum, dont nous sommes par la même occasion devenus membres (oh yeah !) – spéciale dédicace à Pierre.

Même pas peur !

Ou encore fêté le 14 juillet auprès de nos compatriotes, au cours du Bastille Day organisé par la Fédération tricolore de Toronto. Autres découvertes, l’Alliance française et sa librairie francophone, quelques parcs (notamment le grand High Park et la ferme du parc de Riverdale), le St. Lawrence Market (un des marchés couverts les plus réputés au monde), et puis, et puis (je garde le meilleur pour la fin) …

Crêpes à Gogo !

où nous avons assisté au sacre footballistique des Bleus auprès de la patronne, Véronique.

Mais cela mérite un billet à lui tout seul. J’y reviendrai donc une fois prochaine. 🙂

Toronto #3 : nous sommes arrivés à destination

Google Earth nous disait que la vue de chez nous ressemblerait à un truc comme ça :

En vrai, ça donne ça (en bas à droite, le square au 6e étage de l’immeuble) :

Et la même de nuit, car on trouve que ça donne pas mal. 😉

La CN Tower c’est le trait rouge au milieu à droite, et l’hôtel de ville est en violet.

Bref. On a emménagé ce week-end dans notre appartement.

Toronto #1

Premier dimanche dans la maison de vacances. Il pleut, et nous avons donc le temps de raconter ces premiers jours.

Que retenons-nous de cette semaine ?

Élisabeth : « on a vu des écureuils ! ». Ah oui, et pas qu’un peu. Nous avons posé nos guêtres dans le quartier paisible de Little Portugal, où les écureuils sont visiblement chez eux. On en voit tous les jours, dans les arbres, dans les jardins, sur les toits… Je ne sais pas ce qu’en pensent les Torontois, mais nos enfants les ont adoptés. 🙂

Deuxième chose, dixit Élisabeth : on ne trouve pas beaucoup de baguettes de pain. Mais, et c’est cela l’inattendu pour nous, les parents : on en a trouvé des baguettes, ainsi que de bons croissants et pains au chocolat ! Dans une boutique charmante du nom de Mabel’s, tout près d’ici.

On a goûté le champion du monde des camemberts !

La découverte de ce bon pain, associé aux fromages locaux pas inintéressants – dont le fameux champion du monde des camemberts qui, oui madame monsieur, est canadien ! – aux prometteuses bières locales, et même aux vins de la région (!), nous permet un atterrissage tout en douceur. Il n’y a guère que le saucisson dont on ne trouve pas d’avatar ici.

Même si cette première semaine a été avant tout l’occasion de démarches administratives diverses et variées – ouverture d’un compte bancaire, création de nos numéros de sécu, achat de deux téléphones portables flambant neufs et de leurs numéros locaux… – nous avons eu le temps de profiter.

On ne manque même pas la Coupe du monde : on a vu France-Pérou avec la communauté française, dans un restaurant chic (le Ricarda’s) jeudi dernier. La preuve.

Gastronomie (et jeux de société), à Snakes and Lattes.