Toronto #17 : back to school!

3 septembre 2019, c’est la rentrée !

Voici venu le temps de notre deuxième rentrée des classes à Toronto – j’enfonce une porte ouverte, mais le temps passe vite.

Ce mois de septembre sera bien sûr sans commune mesure avec le précédent: nous connaissons l’école, le centre de loisirs, avons une idée des premiers événements de l’année… et surtout les enfants sont tellement à l’aise en anglais!

La semaine dernière, je suis allée au cinéma avec les deux grands voir The secret life of pets 2 (Comme des bêtes 2, nous vous le recommandons chaudement!) et je suis a peu près sure qu’ils ont compris 95% du film. Incroyable chemin parcouru en un an. On nous avait prévenus, mais à l’échelle de ses propres enfants c’est toujours un peu difficile à croire.

Léonor n’est pas en reste, elle chante de nombreuses comptines en anglais apprises à la crèche, mais enrichit quotidiennement son vocabulaire avec des mots dans les deux langues: « voila » « merci » « chaussette » « papa » « tétine » mais aussi « come! » « shoe » « apple » « mine!! »

Cet été, nous avons eu l’immense plaisir de voir et accueillir ici de nombreux visiteurs – je pense qu’il n’y a pas eu un jour « creux » entre le 4 juillet et le 28 août. Merci à Caroline, Olivier, Isabella, Vivian, Marie, Jonathan, Rosa, Julien, Sandra, Paco, Joan, Marion, David, Mila, Dana et Jacqueline – nos soirées estivales canadiennes ont été bien plus belles grâce a vous. Nous avons pu découvrir London, Detroit, Leamington et profiter des rues, parcs et iles de Toronto tous ensemble. La maison reste grande ouverte pour ceux qui voudraient tester des températures plus fraiches (certains ont déjà mis des options sur novembre et mars, mais je n’en dirai pas plus).

Le mois de septembre sera également bien rempli côté travail des grands avec de nombreux projets qui se poursuivent au SickKids; je vais avoir la chance de passer quelques jours à Montréal pour un congrès et un de mes projets bénéficie du soutien de l’hôpital via le Garron Family Cancer Centre. A mon échelle, l’équilibre entre vie professionnelle et vie de famille est bien plus facile a trouver ici, et c’est très précieux.

Le quotidien de Guillaume est actuellement un peu plus incertain, mais il en dira peut-être plus le moment venu. 🙂

Très bonne rentrée à vous tous et à très vite pour de nouvelles aventures automnales!

Les couchers de soleil canadiens c’est beau comme ca.

Toronto #16 : noces de coton (ou de muguet, c’est selon)

On est encore le 17 juin ici – plus pour très longtemps – alors je prends mon courage à deux mains* pour écrire ce billet que je m’étais promis.

Le 17 juin 2018, vers 18h heure locale, nous avons atterri ici bas. Un an plus tard, quel sentiment domine ?

Et bien… nous ne sommes pas si mal, je crois ! Je ne m’attarde pas sur le détail de nos situations individuelles, mais globalement elles vont bien et surtout elles ne font que s’améliorer. Cela n’a pas été toujours facile hein. Les familles et les amis nous manquent indéniablement – plus encore que le vin, le fromage et la charcuterie, toutes ces choses délicieuses qui coûtent un bras ici. Mais pour autant, nous avons (re)trouvé un bel équilibre de vie.

Je ne sais pas si nous pourrions expliquer très clairement pourquoi nous avons fait le choix de partir. C’était sûrement la belle opportunité au bon moment, de celle qui donne des regrets si on ne la saisit pas. Elle nous a conduit à nous alléger de plein de choses, notamment matérielles, et à revenir à un certain essentiel : nous cinq. Au grand désespoir de nos deux pré-ados (dans ce domaine là, Élisabeth paraît bien précoce :D).

CQFD.

Aujourd’hui, je pense pouvoir dire que nous nous sommes, tous les cinq, attachés à cette nouvelle vie, à cette ville (let’s go Raptors !) et ce pays, à cette école, à cette.s nouvelle.s langue.s, à ces nouveaux amis (à ceux qui-repartent-déjà) et ces nouveaux collègues.

Un an après, la mise à l’épreuve s’avère concluante. La première saison des Gogo à Toronto aura été celle de la formation générale. Place maintenant à l’approfondissement ! (il y a une dédicace ici, sauras-tu la retrouver ?)

A suivre donc. 🙂

* à défaut de quatre, puisque Sarah est en goguette professionnelle cette semaine… Ce billet n’engage donc que moi. 🙂

PS : pour ceux qui ont suivi, aujourd’hui ce sont donc aussi nos… treize ans de mariage. Tin-tin.

En cadeau pour ceux qui ont lu ce billet jusqu’au bout : une vidéo exclusive et rare de nous cinq partageant un moment sportif intense. Je vous aurais prévenu.

Toronto #15 : Chicago #1

Il y a une deux trois semaines (le temps passe un peu trop vite), c’était March Break dans les écoles d’Ontario. Soit dit en passant la seule semaine de vacances des enfants entre Noël et l’été. Sarah et les kids auraient bien aimé fêter la presque fin de l’hiver aux Caraïbes ou en Floride, comme ça se fait pas mal ici, mais vraiment – vraiment – ce n’était pas dans nos moyens du moment. Alors Sarah a cherché un peu et a eu l’idée d’aller voir l’autre côté de la frontière, du côté de… Chicago.

Chicago jusque là pour moi, ça se résumait à Al Capone version Tintin en Amérique, le souvenir adolescent des Chicago Bulls de Michael Jordan, et le froid polaire qui s’est abattu récemment sur la ville (voir Toronto #13). Autant dire que je partais de loin. 🙂 Sarah, forte d’avoir vu l’intégrale d’Urgences en VF puis en VO, semblait mieux rencardée – je charrie à peine. La ville est à 1h30 d’avion depuis l’aéroport du centre ville de Toronto. Ce n’était pas hors de prix. Banco.

Sarah, à son habitude, nous dégote un hôtel confortable et central. Une seule chambre, suffisamment grande pour faire tenir deux lits doubles et un autre de bébé, et suffisamment robuste pour endurer notre horde de barbares – dîner compris – cinq jours et quatre nuits durant. Et tant pis pour les soirées des parents.

BRAAAHAABRAAAHAABRAHAAA. Fait le métro qui passe…

Le programme n’était pas vraiment arrêté et s’est fait au jour le jour. En arrivant de l’aéroport, les premières images de la ville impressionnent : la skyline, au loin d’abord et dont on se rapproche progressivement, puis, une fois arrivé en centre-ville, le métro surélevé qui fait une boucle (le Loop).

Le bazar est dans son jus, et c’est notamment ça qui fait son charme extraordinaire. Certaines rues du centre ville, qui ne sont pas toujours très larges, sont littéralement couvertes par la vieille armature métallique du métro. Et quand un métro débarque, c’est le vacarme. J’ai trouvé ça très beau, et assez bluffant dans son genre.

Deuxième impression : les immeubles ont la classe. Alors que les deux villes ont une taille comparable, le centre ville de Toronto ressemble à côté à celui d’une aimable ville de campagne. Renseignement pris, Chicago a vu naître les premiers gratte-ciels du monde, à la fin du 19ème siècle, après qu’un incendie a ravagé la ville. Lire à ce sujet l’article wiki sur l’école de Chicago.

Toujours sur l’architecture, gros coup de cœur personnel et chauvin pour la Tribune Tower, interprétation moderne de… la tour de beurre de la cathédrale de Rouen ! Allez vérifier, la parenté est indéniable. 😉

Dans un style très différent, la Marina City, deux tours jumelles en forme d’épis de maïs, tout en béton mais grandes ouvertes sur la ville. Tellement visionnaires et en même temps représentatives des années 1960. J’adore.

Ils ont eu la bonne idée de rassembler plusieurs de ces bâtiments le long de la rivière. Le Riverwalk est du coup un passage obligé. On l’a fait à la tombée du jour, c’était vraiment très beau.

Photo de famille

Dans le grand parc central de la ville, le Millenium Park, il faut aussi voir la statue métallique en forme de haricot, le Cloud Gate. On a lu qu’elle imite une goute de mercure liquide. Les immeubles des alentours s’y reflètent et s’y déforment, c’est curieux et poétique. La sculpture attire en tout cas la foule.

Il y a aussi le Navy Pier. Je n’ai découvert le principe du pier qu’assez récemment, lors d’un mémorable week-end entre copains à Brighton. C’est concrètement une jetée, posée au milieu d’une plage, qui sert de lieu de divertissement. C’est aussi une tradition britannique au charme certain, bien qu’un peu vieillot. A Brighton, une des deux jetées a été plus ou moins abandonnée, puis a brûlé, et il n’en reste plus que le squelette aujourd’hui, juste devant la plage. A Chicago, ça a été notre premier étape. La jetée n’a pas forcément le charme de ses homologues anglaises, mais les Américains ont mis les moyens : grande roue, musée pour les enfants, une serre, des dizaines de boutiques, bars, restaurants, etc. Ce qui ne change pas, c’est la beauté des vues que cela offre sur la ville et sur le large. Notamment quand le lac est en partie gelé.

Sue-sue-nette

Autre visite indispensable avec des enfants : Sue, paraît-il le plus grand T-rex du monde, et tout le musée d’histoire naturelle autour. Très chouette, on a été content d’y passer une matinée pluvieuse.

Et puis il y a la nourriture. Une des spécialités à Chicago est la deep dish pizza. C’est, comme son nom l’indique, une pizza, mais petite en diamètre et épaisse comme une quiche. Compter 40 minutes pour la cuisson ! Mais l’attente est largement récompensée, on s’est vraiment régalé.

Nous en avons aussi profité pour visiter ces adresses qui n’ont pas (encore) passé la frontière canadienne, comme les hamburgers de Shake Shack (on en avait fait un compte rendu photo ici en 2010, depuis New York 🙂 ) ou le supermarché Trader’s Joe, où tu as envie de tout acheter et qui avait la bonne idée d’être en bas de l’hôtel.

Entre chacune de ces balades, un vent à décorner les bœufs – normal pour une ville surnommée Windy city, et des températures oscillant entre -5 et +15.

C’était bien. :)

Toronto #14 bis : addendum

C’était dans l’air quand j’ai publié le billet précédent : j’ai finalement signé mon premier contrat torontois à temps plein !

Je ne crache cependant pas sur ces deux mois de livraison à vélo. Les mercis, les sourires, et -de temps à autres- les pourboires resteront de bons souvenirs. Tout comme la compassion des employés de resto quand il neigeait et/ou faisait -10 dehors, ou encore leur empressement à finir la commande quand j’arrivais en avance, afin que je puisse répartir vite et ne pas perdre trop de temps… Je m’en doutais avant de m’y mettre, mais c’est un métier dur, où il est difficile physiquement de travailler plus de 4h par jour et où le salaire brut peine à dépasser les 20$/h (soit 13€), où la précarité est la loi. Quand Léonor était malade ou mon vélo cassé, je ne pouvais pas travailler et je n’avais pas de salaire, c’est tout.

Bref, quand vous commandez à manger, pensez-y au moment de laisser un pourboire (même symbolique), car c’est uniquement grâce à ça que les livreurs gagnent un peu plus que le salaire horaire minimum !

Et maintenant donc ? Je travaille pour le Snakes & Lattes, une chaîne de cafés-jeux de société.

Pour les curieux j’ai trouvé cette vidéo de présentation, en français. Je passe les détails mais merci le réseau des Français, grâce auquel j’ai pu trouver ce boulot. Je rejoins l’équipe de distribution / expédition (vente en ligne et autres…), mon lieu de travail sera donc l’entrepôt. Autant dire que ça va me changer, une nouvelle fois.

Par ailleurs, je viens de trouver un bouquin à la biblio qui semble traiter avec une certaine pertinence des problèmes que j’ai rencontré pour trouver un boulot : What Color is your Parachute? En gros, pour ce que j’en ai lu jusqu’à maintenant, ça dit qu’il faut arrêter avec les CV en réponse à des offres d’emploi, ça ne marche (pratiquement) plus de ce côté-ci du monde, et ce depuis dix ans ! Voilà, comme ça vous savez aussi.

Toronto #14: où il est question de ranger sa fierté au fond de sa poche

Assez bavardé, cette fois on va parler d’un sujet sérieux (ooouuuhhh).

J’avais la chance en France d’être serein concernant le boulot : homme, blanc (faut dire ce qui est), parisien, pas encore trop vieux, avec un diplôme reconnu et ce qu’il faut d’expérience – et quelques compétences, paraît-il, dans ce qu’on appelle les systèmes d’information… Le portrait robot du type qui doit pouvoir se trouver un boulot confortable en quelques jours, s’il n’est pas trop difficile.

Et puis, et puis nous sommes venus ici, à l’étranger, et il m’a fallu chercher un boulot. Sans réseau, expérience ni diplôme canadien… Ou comment passer de l’autre côté du miroir. Un recruteur français de Toronto m’avait prévenu l’hiver dernier : « attention les Français peuvent mettre six mois à trouver un boulot, même quand ils ont une bonne expérience en France. Il va te falloir rencontrer du monde ». Boarf.

La première étape en arrivant, faire son CV. Ici on dit resume. Traduire un CV n’est pas évident : la mise en forme du document et les attendus sont différents, et le vocabulaire et les expressions professionnelles sont parfois très particuliers. Mon métier en France c’est l’« assistance à maîtrise d’ouvrage en systèmes d’information » (si si – ici on dit IT Business Analyst, ou encore Business Systems Analyst). Déjà à expliquer à des Français c’est tout un art, alors le faire dans une autre langue… 😑

Mais, surtout, ce que j’ai compris un peu tardivement, c’est l’automatisation de la sélection. Pour chaque offre de cadre publiée par une grande boîte, les centaines de candidatures sont classés par un ordinateur, en fonction, pour l’essentiel, d’un certain nombre de mots clés attendus. En pratique, si on n’a pas pris de temps d’identifier les mots attendus et de les intégrer dans son résumé avant de l’envoyer -> poubelle. Comme probablement 90% de mes candidatures de l’automne dernier. C’est arrivé à un tel point qu’il m’a été conseillé de me payer un abonnement sur jobscan.co (60$/mois!), qui te donne à la volée le pourcentage de correspondance entre ton résumé et telle offre, et te liste les mots à y rajouter… La ligne entre l’enrobage et le pipeau est parfois un peu ténue.

Deuxième difficulté : la cover letter, comme on appelle ici les lettres de motivation. Je n’étais jamais très à l’aise avec cet exercice de style en France, c’est pire ici. Elle n’est pourtant pas toujours requise, mais on se dit que sans lettre, on va forcément louper le job auquel 200 personnes ont candidaté…. Et surtout, les Canadiens ont une capacité beaucoup plus naturelle que nous à se (sur)vendre : « c’est pourquoi je suis vraiment le candidat parfait et idéal etc. ». Il ne faut pas mentir mais, en même temps, faire profil bas c’est inquiéter le lecteur. Il y a la une vraie différence culturelle, que Sarah a du intégrer fissa dans l’écriture de ses papiers.

Troisième difficulté : n’avoir ni réseau ni première expérience canadienne. Et ça, c’est vraiment compliqué à surmonter. Tous les immigrants expérimentés y sont confrontés. Une bonne partie (la majorité ?) des offres n’est en fait même pas publiée, les employeurs faisant d’abord appel à leurs réseaux de connaissances. On m’a expliqué d’ailleurs qu’ici on ne vire pas tant les nouvelles recrues par manque de compétences, que par manque de « savoir être ». Il faut être un collègue sympa, et que les gens se souviennent de toi plus tard pour le boulot qui s’ouvre. Avoir et développer son « réseau » est donc un passage obligé, par le bénévolat, les groupes de discussion (connaissez vous les toast masters ?) et les autres activités sociales…

Voilà pour les éléments de contexte. Entre septembre et décembre j’ai ainsi envoyé au moins 200 de candidatures restées sans réponse, pour plein de postes différents, et j’ai un peu craqué moralement. Juste une poignée d’entretiens, surtout téléphoniques, restés dans lendemain. J’ai donc changé de stratégie en janvier. Le matin, je retourne sur les bancs de l’école en prenant des cours d’anglais à la TSDB, comme les enfants ! Au déjeuner, je bosse comme livreur à vélo, pour doordash ou foodora. Pourquoi ce boulot ? Parce qu’en tant que vieux cycliste, j’étais curieux de faire cette expérience là, que le recrutement est facile et rapide, que l’emploi du temps est souple et que ça ne paie pas si mal, en tout cas quand mon vélo roule et que personne n’est malade à la maison (compter autour de 20$/h autour du dej, quand le salaire minimum est à 14). C’est un peu piègeux quand il y a 10cm de neige dans la rue mais j’ai survécu aux pires journées maintenant. 😉

Et j’ai deux heures l’après midi pour manger, m’occuper de la maison et de la suite pour moi.

Mon profil LinkedIn est à jour avec une jolie photo et ce qu’il faut de mots-clés. J’ai arrêté les candidatures à la chaîne et je me concentre sur les gens que je rencontre. Car visiblement c’est comme ça que ça marche (spoiler : il se pourrait d’ailleurs que ce soit en train de porter ses fruits). Il m’aura juste fallu six mois pour comprendre.

Toronto #13 : polar vortex

Ça ressemble au titre d’un bouquin qui fait peur, ou encore au nom d’un poison inventé dans je ne sais quel laboratoire au temps de la guerre froide.

On a découvert le concept de polar vortex il y a un peu plus d’un mois, en tombant, dieu sait comment, sur le site severe-weather : « sudden stratospheric warming underway« . L’article disait en gros que la stratosphère du pôle nord était en train de se réchauffer, ce qui risquait de pousser vers l’Europe et l’Amérique du Nord un froid polaire dans les semaines suivantes. Initialement j’étais plutôt préoccupé par cette histoire de réchauffement des pôles (si ça ne vous parle pas, renseignez vous c’est un peu flippant), mais le froid polaire en Amérique du Nord… Bon.

Il faut dire que jusque là, en novembre et décembre, nous avions eu un hiver assez clément… Un peu de neige, vers mon anniversaire, mais rien de commun avec les grands froids que nous avions pu expérimenter au Québec lors de nos voyages précédents, et plus particulièrement à Montréal à la fin décembre. On était donc devenu assez serein vis-à-vis de l’hiver torontois, d’autant que les gens d’ici sont souvent rassurants sur le sujet, en mode il ne fait jamais très froid de ce côté ci du Canada.

Bref. Après avoir lu l’article, j’ai du faire une blague facile à Sarah, du genre : « tiens, winter is coming ». Et elle a du répondre en se moquant de moi, que je devrais arrêter de regarder les sites de météo, et me comparer par la même occasion à ma regrettée mamie.

Mais, de fait, severe-weather avait vu juste :

En gros et gras ce sont les… max ! Le matin en allant à l’école, c’est en bleu. 😉

On a donc eu du méchant froid, de la grosse neige, et re-du méchant froid. Avec pour conséquence un week-end planqué dans l’appartement pour cause de la tempête de neige :

A ce niveau de température (-21°C donc, sans compter le vent !), on a beau avoir un bon manteau et de bonnes chaussures, et bien soyez certains qu’on se pèle comme il faut. Surtout quand on compte passer une heure ou deux sur un vélo… (mais ce sera le sujet d’un autre billet)

Les transports en commun, qui pourtant en ont vu passer des belles, ont bien souffert, avec les mêmes polémiques qu’en France dès que le temps sort de l’ordinaire… Comme quoi. Heureusement, n’ayant pas à prendre ni le métro, ni le tram, ni la voiture, nous avons pu nous concentrer sur le charme d’une ville recouverte plus longtemps qu’à l’accoutumée d’un épais manteau de neige.

Les joies de la neige dans son jardin 🙂

Notre Grange Park tout blanc

Toronto vue du 52e étage de la plus haute tour de bureau de Toronto !

Le calme après la tempête, au petit matin

Le pire dans tout ça, c’est qu’on a eu la chance de ne se trouver qu’au bord du dit « vortex polaire », car les voisins de Chicago ont pris encore bien plus cher !

Et puis, comme toutes les bonnes choses ont une fin, le vortex est rentré il y a quelques jours chez lui, au pôle nord, et les températures ont très subitement retrouvé la normale. La neige fond et gèle et re-fond, les virus sont à la fête… Il fait autour de zéro degré, et on se surprend à trouver que c’est finalement une température pas si désagréable. On devient encore un peu plus canadien, quoi.

Pour conclure ce billet, je vous renvoie vers une émission récente de France Culture : Qui doit avoir peur du vortex polaire ? (ça ne s’invente pas !). En ce qui concerne, nous n’avons pas plus peur, mais on n’est pas pressé de se le coltiner de nouveau. 🙂

Toronto #12: Piggie and Elephant, à la conquête de l’anglais

Il semblerait que les Canadiens aiment lire, et surtout aiment les livres. Nous les voyons lire dans les transports, les salles d’attente, les cafés.

A Toronto, nous avons la chance d’avoir accès à un immense réseau de bibliothèques, gratuitement, avec de nombreux livres en français. Un système bien rodé permet de commander un livre à distance, qui est ensuite « livré » à notre bibliothèque habituelle – tout ouvrage peut également être restitué à n’importe quelle bibliothèque du réseau.

Les enfants en profitent énormément : Élisabeth a acquis la lecture seule cette été et a donc pu emprunter des livres graduellement plus compliqués, tandis que Gabriel a pu poursuivre ses orgies de Percy Jackson.

L’école a commencé bien sûr, et avec elle la cohabitation avec des livres en anglais, la bibliothèque de l’école, la foire aux livres. Tant Gabriel qu’Élisabeth ont des temps de classe « calmes » dédiés à la lecture pure, seuls ou en groupe. Ils ont donc commencé à nous parler d’ouvrages anglophones. Parmi eux, Élisabeth a rapidement mentionné les aventures de Piggy and Elephant, de Mo Willems.

Cette grande collection de livres raconte les aventures des deux amis, une cochonne et un éléphant (sans rire?), avec beaucoup de tendresse et un peu de folie. Les albums sont à la fois faciles à lire en termes de vocabulaire, car destinés aux jeunes lecteurs, et très drôles, même pour les adultes.

Nous avons ensuite trouvé certains exemplaires en français et les enfants ont été assez déçus ! Certaines blagues n’étaient pas ou mal traduites, les personnages ne s’appellent pas pareil… Nous avons pu introduire l’idée que lorsqu’on le peut, il est encore meilleur de savourer une œuvre dans sa langue originale. 😉

Ces deux petits personnages sont rentrés pour longtemps dans l’imaginaire des enfants – cela n’aurait pas pu arriver ailleurs, et c’est très précieux !

Toronto #11: à la recherche d’une bonne baguette

Voici le premier billet de 2019 ! Nous vous souhaitons à tous une très belle et douce année à venir.

En cette période de fêtes, nous sommes allés contre la mode et ne sommes pas rentrés en France. Dans un pays aussi divers et une ville tellement façonnée par l’immigration, il est impressionnant de voir la majorité des collègues ou connaissances repartir chez eux en fin d’année. Mais finalement, en choisissant de partir quelques jours à Montréal, nous sommes en quelque sorte un peu rentrés à la maison.

Quelques ups and downs de ces cinq jours au Québec…

UP. Le trajet en train

Un des premiers objectifs de ce voyage était de nous permettre de bouger en restant dans un petit budget, et en évitant la voiture si possible (l’estomac d’Elisabeth nous remercie) – après quelques comparaisons, le train s’est révélé être une option intéressante. On voyage d’un centre ville a un autre, dans des conditions confortables. Chaque wagon possède un agent chargé du confort des passagers, et circule régulièrement avec un petit chariot de boissons/encas, comme dans un avion, à des prix plus raisonnables que ceux du wagon restaurant de la SNCF. Principal écueil : c’est long, presque 5 heures. Lorsqu’on a l’habitude du TGV, on se dit que le trajet pourrait être deux fois plus court et faciliter grandement la circulation entre ces deux grandes villes canadiennes. Mais en fait, ici, ceux qui sont pressés prennent l’avion (un décollage toutes les 30 minutes entre les deux villes en moyenne).

Posés.

DOWN. Le froid et les virus

Nous pensions nous être relativement adaptés au Canada et à ses températures, nous sommes maintenant plutôt bien équipés (chaussures, manteaux, bonnets, gants et autres snoods…) – mais nous étions juste adaptés au sud de l’Ontario ! A Montréal, il fait froid froid froid, le genre de froid qui te rend désagréable parce que tu dois attendre dix secondes sur le bord du trottoir que le bonhomme passe au vert. Il nous aurait fallu des combinaisons de ski. Nous avons eu aussi une belle journée de slush (chutes de neige toute la nuit, températures très douces le matin, tout fond et fait de la bouillie), dans laquelle nous avons navigué sans trop d’encombre. Guillaume a pâti de ces variations de thermostat et est lui-même monté jusqu’à 104 degrés Fahrenheit (je vous laisse faire la conversion).

UP. Le pain! La baguette viennoise! Les croissants! La quiche! Les chouquettes!
Sans aucune originalité nous avions réservé un AirBNB dans le Plateau Mont Royal, réputé comme le quartier français de la ville. De fait, une boulangerie, Première Moisson, se trouvait à une minute de la maison. Nous y avons donc fait honneur tous les jours. 🙂

Nous n’avons pas pu résister à déguster une galette des rois… le 26 décembre ! Je comprends mieux pourquoi nous avons perdu un peu de poids depuis notre arrivée à Toronto 😉

DOWN. Les gens (enfin certains, bien sûr)

Bien sûr cela reste le Canada et tout le monde est très amical, et bien sûr nous résidions dans le quartier français, je ne m’aventurerais donc pas à ternir l’image des Québécois. Cependant, après six mois d’immersion dans le Canada anglo-saxon, quelques petites choses ont attiré notre attention. Les gens tiennent moins la porte pour la poussette, ne se lèvent pas pour proposer leur place dans le métro lorsqu’on débarque surchargé de bagages, essaient de doubler sans raison dans la file pour prendre le train…. Les attitudes latines ne sont en fait jamais loin. 😉

Les écureuils, par contre, ils sont plutôt plus cools. 🙂

UP. Le franglais des enfants

A Montréal, il est admis que chacun sait (bien) parler le français et l’anglais. Ce qui conduit à des conversations très drôles dans lesquelles on mélange le tout sans trop de scrupule. Les enfants ont navigué avec plaisir je crois dans ce métissage. Ils ont apprécié de trouver les versions françaises de leurs bandes dessinées anglophones préférées, répondre « Hello » à un bonjour, et ponctuer leur quotidien de « Oh my God! ». Je crois qu’ils ont passé le fameux cap de Noël avec les honneurs.

 

Toronto #10: sortir de la ville

Ce week-end, nous sommes sortis de Toronto pour la première fois depuis notre arrivée ! La ville est si vaste, et si bien équipée en espaces verts et autres plages que nous avions plutôt bien supporté notre été citadin.

Nous avons donc profité d’un « PA day » (pour Professional Activity day, c’est une journée de formation des instituteurs, à peu près mensuelle, pendant laquelle les enfants n’ont pas classe), pour partir en grand week-end.

Les premières neiges de l’année sont bien sûr arrivées jeudi soir, la veille de notre départ ! Les collègues m’ont assurée que les routes seraient parfaitement dégagées et praticables, et ils avaient raison. Nous avons donc pris la route vers Niagara-on-the-Lake, qui comme son nom l’indique est au bord du lac Ontario. La petite ville balnéaire, ancienne capitale de la province, était ce jour là toute recroquevillée sous la neige. Notre chance : elle abrite un très beau (et bon!) pub irlandais, le Irish Harp Club, où nous avons pu faire une gustative pause déjeuner (note de Guillaume : penser à y réserver une semaine de vacances, à l’occasion 🙂 ).

Une vingtaine de kilomètres plus au sud, le long de la rivière Niagara, se trouve Niagara Falls. Nous avions choisi la facilité et le confort, avec une grande chambre familiale au Sheraton on the falls, avec vue sur les chutes. La belle surprise fut d’apprendre qu’une compétition internationale de feu d’artifices y était en cours: nous avons pu assister à deux magnifiques spectacles les vendredi et samedi soirs, tirés par les concurrents finlandais puis brésiliens, en direct de la chambre et en pyjama!

Pour le reste, nous avons succombé aux classiques sirènes du lieu: promenade le long des chutes, tour en bateau au pied des chutes, déjeuner au Hard Rock Café… Les enfants ont profité chaque soir de la piscine de l’hôtel pour nous montrer leurs grands progrès.

Sur le retour, et de nouveau sous la neige, nous avons continué vers le sud jusqu’aux côtes du lac Erié (il va vous falloir réviser votre géographie des grands lacs, pas vrai?), précisément à Crystal Beach, autre petite ville de bord de lac complètement déserte ! En Canadiens d’adoption, les enfants ont repris des forces avec mac and cheese et verre de lait, et Guillaume a savouré son premier surf and turf (note de Guillaume : et c’était trop copieux ! j’aurais sûrement mieux fait de prendre le Fried Haddock du jour 🙂 ).


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Un week-end dépaysant qui nous a fait beaucoup de bien et nous a permis d’avoir une autre vision de l’Ontario et du Canada !