Toronto #7 : première rentrée !

Vinere, videre. Les enfants ont survécu à la rentrée scolaire au Canada, un sujet des fantasmes et des craintes depuis notre départ. Et bonne nouvelle (je brise tout de suite le suspense), ça s’est même bien passé !

Nous avons choisi avec Sarah de les inscrire dans l’école du quartier, publique, laïque et anglophone. Elle se trouve à 800m à pied de chez nous, 750 en coupant à travers l’hôpital de Sarah. On aurait pu décider de faire autrement, notamment de les inscrire dans une école francophone, mais cela nous aurait compliqué la vie – il y en a beaucoup moins, et elles sont donc souvent beaucoup plus éloignées – et réduit un peu l’intérêt pour eux de vivre dans un pays anglophone. Ils vont donc avoir un quotidien en anglais et, paraît-il, s’y faire très bien après quelques semaines/mois d’adaptation.

Concrètement, les deux grands ont chacun une maitresse (le métier est semble-t-il aussi féminin ici qu’en France). Toutes deux sont très souriantes et rassurantes dès le premier contact. Celle de Gabriel parle quelques mots de français. Surtout, Gabriel passe pour le moment ses matinées dans un « laboratoire », à savoir une autre salle de classe, où, croyons nous comprendre, sont réunis les élèves ne parlant pas encore anglais, avec une autre maitresse, qui parle elle français. Pour être honnête, ce n’est pas très clair pour nous non plus, on tâchera d’en savoir plus dans les jours qui viennent. 😉

Élisabeth est de son côté plongée dans le grand bain. Après un premier jour un peu chaotique, il semble qu’elle soit déjà plus à l’aise aujourd’hui. Elle s’est étonnée le deuxième jour que les élèves passent une bonne partie de la journée assis sur un tapis, à apprendre des chansons, à jouer, à se déguiser… Le grade 1 canadien semble moins formel que le CP français. 😉 Les classes semblent moins chargées aussi. 19 élèves chez Élisabeth, un peu plus chez Gabriel.

Au programme, on ne sait pas trop encore. Mais ce qui est formidable, c’est qu’outre l’anglais, les deux grands découvrent tous les jours un peu de mandarin, un apprentissage particulier dispensé par cette école. Ils ont également des cours d’initiation au français, où ils pourront aider leurs camarades et inverser les rôles. L’école termine à 15h30 et nous avons pu inscrire les enfants auprès d’une association qui organise un afterschool à proximité de l’école, University settlement. Il faut savoir qu’il n’y a pas ici de centre de loisirs municipal ouvert à tous comme en France (ou à Ivry en tout cas !). Le programme du centre prévoit chaque jour de la semaine un thème différent : soccer, natation, théâtre, cours de cuisine, ateliers créatifs divers, etc. Les enfants commencent la semaine prochaine !

Devant, des enfants. Derrière les arbres, un centre de loisirs !

Continuons sur les différences : pratiquement aucune affaire scolaire n’a été réclamée, ou même fournie, par l’école. En fait, le sac de classe des enfants est pour le moment rempli d’un cahier, d’un crayon et d’une… lunch box. Les enfants apportent en effet tous les jours leur pique nique du midi, et leurs collations du matin et du début d’après midi aussi, s’il vous plait. Préparés par les parents le soir ou le matin même. Autant dire que ça nécessite de l’organisation, de l’anticipation, et au final une belle petite charge mentale. On regrette un peu les précieuses cantines françaises où le repas est facturé quelques euros et la moitié des aliments sont bios…

Du coup, l’aspect expéditif du déjeuner au boulot n’est pas très surprenant. Quand le déjeuner en collectivité n’a jamais vraiment été un temps de partage et de cohésion pendant ta scolarité, pourquoi le deviendrait-il alors qu’on est payé pour travailler ? Ce n’est pas une surprise, mais on peut être fier en France d’avoir su conserver un certain art de la table, et l’aspect convivial d’un repas. En tout cas, nous, dans la famille, on tâche de s’y tenir, même si pour la lunch box on ne peut que s’y plier.

Enfin, en même temps que ses frère et sœur, Léonor découvre sa crèche (on appelle ça le childcare). Ici la crèche est hors de prix (en gros multipliez par deux les prix parisiens, et la crèche en question est tout en haut du panier local…) et un peu plus éloignée de chez nous, au sud de la ville. En contre-partie, la section des tous petits ne compte pour l’instant que cinq bébés (à peine plus que le nombre d’auxiliaires !), nous recevons chaque soir par mail un compte rendu de la journée de l’enfant, et les parents peuvent obtenir toutes les options d’alimentation possibles et imaginables : végétarien, vegan, sans gluten, sans noix, etc etc. La liste est longue comme un jour sans pain, et nous a un peu affolé. Du coup, quand on a dit que notre petite avait mangé d’à peu près tout et semblait ne souffrir d’aucune allergie, on s’est senti drôlement privilégié. Mais on n’a pas eu de réduction pour autant. 🙂

Tombé du ciel à travers les nuages, quel heureux présage…

Deux mois que nous la voyions tous les jours, dépassant un immeuble ici, échappée entre deux tours là, depuis notre salon aussi… Deux mois qu’elle faisait de l’œil aux enfants, qui avaient bien envie de la voir de plus près.

Alors pour fêter les deux anniversaires des grands, et profitant de la venue de ma chère maman ces jours-ci, nous sommes enfin montés sur la CN Tower ! Plus haute tour du monde de 1976 à 2008, elle est devenue par la force des choses le symbole de Toronto. La plateforme grand public est perchée à 346 mètres de haut (23 de plus que le sommet de notre Tour Eiffel ;)).

Craignant à raison une trop grande file d’attente, nous sommes arrivés pratiquement à l’ouverture, vers 9h du matin, avec nos tickets imprimés à l’avance. Il n’y avait presque pas un chat en bas, nous avons donc pu avoir un ascenseur rien que pour nous… et découvrir cette vue à couper le souffle.

Pardonnez le côté artisanal du panorama, mais il fallait ça pour conserver la richesse dans les détails. J’ai ajouté quelques indications pour vous y retrouver : chez nous, la mairie, notre parc quotidien, et Crêpes à Gogo. 🙂

De l’autre côté de la tour, les fameuses îles de Toronto. Il paraît que par beau temps, on peut voir jusqu’aux chutes du Niagara, de l’autre côté du lac. Nous n’en demandions pas tant…

A ne pas manquer, dans la tour, un plancher en verre pour se faire un petit frisson ❗

Il va falloir qu’on fasse un billet plus général sur les adresses qui nous ont plu depuis notre arrivée, mais ce qu’on peut dire rapidement, c’est que la ville nous charme par sa diversité, sa mixité, son énergie.

Les enfants flippent un peu en pensant la rentrée des classes. Je ne suis moi-même pas complétement rassuré sur ma propre recherche d’emploi à venir. Mais les deux premiers mois ont été vraiment chouettes, et on ne doute pas que le meilleur est à venir ! 🙂

Toronto #5 : le milk shake

Dans notre processus de nord-américanisation, il est un cliché que nous avons voulu accomplir : apprendre à faire de bons milk shakes. En plus il fait souvent entre 25 et 30 degrés dans la journée, c’est donc un gouter tout à fait adapté.

Complétement novices, nous avons recherché ce qui se disait sur le web et sommes tombés sur l’article dédié sur WikiHow. L’article est marqué comme étant « Community Tested » (l’équivalent des articles labellisés sur Wikipédia ?), autant dire qu’il est digne de confiance.

Et abrégé voici la recette, pour un grand verre :

  • trouver un mixeur de bonne contenance (ça paraît bête mais il a fallu que nous nous équipions)
  • y mettre trois boules de crème glacée à la vanille, la plus onctueuse possible, quelques goûtes d’extrait de vanille (comme nous avons voulu faire les choses bien, nous avons pris de l’arôme naturel), un fond de tasse de lait (plus ou moins en fonction du caractère liquide souhaité).

L’occasion de deux petits apartés : 1. ici le lait est frais, volontiers bio et se vend par pochon de 4 litres. Autant dire qu’on n’en manque pas. 2. ne pas rajouter de glace au milk shake, c’est de l’eau et du coup on perd en goût et en crémeux.

  • on peut rajouter à la préparation des fruits frais ou surgelés – des fraises, framboises, bananes, etc.
  • bien mixer, verser dans un beau verre (qu’on peut avoir mis au congélateur avant histoire que ce soit la classe), mettre une paille (pas une paille jetable par contre, parce que c’est une saloperie pour l’environnement).
  • se poser dans son canapé et déguster 🙂

Résultat des tests menés jusque là  : Élisabeth a particulièrement aimé le milk shake à la fraise, tandis que Gabriel semble préférer le milk shake nature (à la vanille s’entend). Quant à Léonor, elle est carrément prête à tout essayer, tant que c’est doux et sucré. 😀

De la patience d’un enfant devant un milk shake.
Juste avant le moment magique de l’appui sur le bouton.
Tada !
Miam et slurp :d

 

Toronto #4 : le temps passe trop vite !

Deux semaines déjà que nous sommes arrivés dans notre nouveau palais. Deux semaines et plein de choses faites, vues, entendues, découvertes. Je n’aurai probablement pas ni la patience ni la mémoire ce soir de raconter tout cela, mais allons-y quand même.

Première chose d’importance, l’appartement est maintenant complétement meublé ! \o/ Les enfants ont maintenant leur chambre bien à eux, avec un lit pour chacun. Après un mois de pérégrinations, les voir réinstaller leurs doudous, posters, et autres attrape-rêves était une belle récompense ! Nous serons ravis de le faire visiter à tous ceux d’entre vous qui passeront en Ontario dans les deux années à venir. 🙂

Autre chose d’importance, Sarah attaque sa quatrième semaine au Sick Kids ! Les choses sérieuses ont commencé et ce n’est pas de tout repos, mais je pense qu’elle est profondément heureuse d’être de retour dans le bain. Elle en écrira probablement plus elle-même quand elle aura le temps.

Léo à la plage

Quand nous trouvons du temps le week-end entre deux obligations, ou quand maman travaille, nous faisons nos touristes ! Hier, nous avons enfin pu découvrir une des fameuses plages de Toronto (nous avons fait simple, en allant dans le quartier The Beaches). Le temps ne s’y prêtait que moyennement, rappelant un Jullouville du mois d’avril : pas mal de vent, des rouleaux, un drapeau jaune, une eau un peu trouble. Tout ce que j’aime ! Côté exotisme, des lifeguards tout de rouge vêtus et des hot dogs pour déjeuner. 😀

Nous avons aussi visité l’exposition Spiders: Fear and Fascination du ROM, le Royal Ontario Museum, dont nous sommes par la même occasion devenus membres (oh yeah !) – spéciale dédicace à Pierre.

Même pas peur !

Ou encore fêté le 14 juillet auprès de nos compatriotes, au cours du Bastille Day organisé par la Fédération tricolore de Toronto. Autres découvertes, l’Alliance française et sa librairie francophone, quelques parcs (notamment le grand High Park et la ferme du parc de Riverdale), le St. Lawrence Market (un des marchés couverts les plus réputés au monde), et puis, et puis (je garde le meilleur pour la fin) …

Crêpes à Gogo !

où nous avons assisté au sacre footballistique des Bleus auprès de la patronne, Véronique.

Mais cela mérite un billet à lui tout seul. J’y reviendrai donc une fois prochaine. 🙂

Toronto #3 : nous sommes arrivés à destination

Google Earth nous disait que la vue de chez nous ressemblerait à un truc comme ça :

En vrai, ça donne ça (en bas à droite, le square au 6e étage de l’immeuble) :

Et la même de nuit, car on trouve que ça donne pas mal. 😉

La CN Tower c’est le trait rouge au milieu à droite, et l’hôtel de ville est en violet.

Bref. On a emménagé ce week-end dans notre appartement.

Tu sais que tu vis au Canada quand…

… tu ne regardes plus les voitures en traversant la rue, puisqu’elles s’arrêtent systématiquement pour te laisser passer

… 80% des gens que tu croises dans la rue ont un gobelet de café dans la main

… tu ne portes jamais ta poussette puisqu’il y a une rampe d’accès/un ascenseur/une porte automatique

… la table à langer est chez les femmes ET chez les hommes

… toutes les « options » alimentaires sont disponibles partout… même le vegan à la crèche

… « aboot » (ceux qui savent, savent)

… les calories de tous les plats sont notées sur les menus (ce qui n’empêche personne de manger!)

… tu te mélanges constamment les pinceaux entre first name/middle name/last name/family name/legal name/maiden name

… tout est écrit en français et en anglais mais les traductions sont parfois… douteuses (cf. plus haut 😂)

… tu as la chance de passer l’été à Toronto!!

Toronto #1

Premier dimanche dans la maison de vacances. Il pleut, et nous avons donc le temps de raconter ces premiers jours.

Que retenons-nous de cette semaine ?

Élisabeth : « on a vu des écureuils ! ». Ah oui, et pas qu’un peu. Nous avons posé nos guêtres dans le quartier paisible de Little Portugal, où les écureuils sont visiblement chez eux. On en voit tous les jours, dans les arbres, dans les jardins, sur les toits… Je ne sais pas ce qu’en pensent les Torontois, mais nos enfants les ont adoptés. 🙂

Deuxième chose, dixit Élisabeth : on ne trouve pas beaucoup de baguettes de pain. Mais, et c’est cela l’inattendu pour nous, les parents : on en a trouvé des baguettes, ainsi que de bons croissants et pains au chocolat ! Dans une boutique charmante du nom de Mabel’s, tout près d’ici.

On a goûté le champion du monde des camemberts !

La découverte de ce bon pain, associé aux fromages locaux pas inintéressants – dont le fameux champion du monde des camemberts qui, oui madame monsieur, est canadien ! – aux prometteuses bières locales, et même aux vins de la région (!), nous permet un atterrissage tout en douceur. Il n’y a guère que le saucisson dont on ne trouve pas d’avatar ici.

Même si cette première semaine a été avant tout l’occasion de démarches administratives diverses et variées – ouverture d’un compte bancaire, création de nos numéros de sécu, achat de deux téléphones portables flambant neufs et de leurs numéros locaux… – nous avons eu le temps de profiter.

On ne manque même pas la Coupe du monde : on a vu France-Pérou avec la communauté française, dans un restaurant chic (le Ricarda’s) jeudi dernier. La preuve.

Gastronomie (et jeux de société), à Snakes and Lattes.

Jour J

Premier billet de voyage, commencé dans l’avion. 7h30 de trajet avec les trois marmots, vous imaginez qu’on est bien. 🙂

Pour être tout à fait précis, nous survolons actuellement l’océan Atlantique, à peu près au sud de l’Islande, et Léonor, aka bébé-sourire, vient d’être kidnappée par une hôtesse de l’air pour faire le tour de l’avion !

Notre histoire retiendra que nous sommes donc arrivés à Toronto le 17 juin 2018, douze ans jour pour jour après une belle fête sous les pommiers, dont la préparation nous avait donné envie d’ouvrir ce blog. On trouve ça chic.

Mais avant de raconter ici ce qui va nous arriver dans les prochains mois (ça viendra !), nous tenons à remercions toutes celles et tous ceux qui nous ont accompagné ces derniers temps, et dont le soutien nous a beaucoup touché : je pense notamment à celles et ceux qui ont fêté avec nous notre départ (en diverses occasions 😉 ), notamment tous les copains et copines qui ont laissé des messages et cadeaux réconfortants à Gabriel et Élisabeth, et à nos familles, et particulièrement à nos si précieuses et formidables mamans, sans qui notre appartement ivryien aurait été un peu moins présentable et notre départ beaucoup plus stressant. Merci merci merci !

Une nouvelle page s’ouvre maintenant pour nous, avec plein de choses à découvrir, et je l’espère, à raconter. Si vous lisez ce billet, c’est qu’on est bien arrivé et qu’il y a du wifi dans notre appartement d’arrivée, ce qui est déjà un bon début, huhu.

Ça va être top. A suivre !

the blog is back !

Fichtre, cela fait 17 mois que nous n’avons donné de nouvelles ici. De quoi perdre même les plus fidèles de nos lecteurs !

Or, en 17 mois, il peut s’en passer, des choses… Et il se trouve que nous n’avons pas complètement chômé.

ah oui, qu’avez-vous fait ?

Et bien, pour commencer, nous avons fait un bébé ! Léonor est arrivée en septembre dernier. Elle fait notre joie à tous, bien sûr, d’autant qu’elle a l’élégance d’être particulièrement souriante.

Lorsque l’enfant paraît, le cercle de famille
Applaudit à grands cris.
Son doux regard qui brille
Fait briller tous les yeux (…)

A croire que le faire-part était prémonitoire. 🙂

Son arrivée nous fait entrer dans la catégorie pas si commune des familles nombreuses, celles qui peuvent acheter leur ticket de métro parisien à demi-tarif. Rien que ça, c’est trop la classe.

Et puis, et puis… ces derniers mois, nous avons laissé sa chance à une drôle d’opportunité professionnelle pour Sarah. L’idée un peu folle du départ a progressivement mûri. Elle est devenue un projet, puis un choix à faire, qui se concrétise aujourd’hui. Nous quittons le mois prochain notre bonne vieille ville d’Ivry-sur-Seine pour… Toronto, au Canada. Pour deux ans.

Toronto est une ville un peu méconnue en France (parce qu’anglophone ?). C’est pourtant la capitale économique du Canada, qui accueille de très nombreux immigrants chaque année, venus du monde entier. La ville est située au bord du lac Ontario, qui marque la frontière avec les États-Unis :


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On est à peu près à égale distance de Québec, Chicago et New-York. À savoir 800 km, soit à peine une journée de voiture – un saut de puce quoi.

Ces deux événements combinés nous ont donné l’idée de réinvestir ce blog, afin de partager avec ceux qui le souhaitent notre aventure, sans obliger personne à (r)ouvrir un compte sur facebook/twitter/instagram (parce que les GAFAM, c’est quand même un peu le mal !). Et puis cela donnera l’occasion à ceux qui ont quelques heures à perdre de remonter le fil de ses treize dernières années – ahah.

Bisous, et à bientôt, donc.

Skyline of Toronto viewed from Harbour
View of Toronto skyline from Toronto Harbour (crédits John Vetterli).